Lettre à M. Denny O'Breham

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La Voix de l'Est

En lisant votre lettre parue le 31 décembre, M. O'Breham, j'ai constaté que, parmi toutes les phrases que vous avez pris la peine de citer, vous ne niez aucune affirmation ni aucune description présentes dans ma lettre parue le 30 décembre. Considérant votre difficulté, M. O'Breham, à comprendre le sens de ma lettre, je tiens à vous faire remarquer que celle-ci fait suite à de nombreuses lettres parues dans La Voix de l'Est qui relatent les mêmes orientations politiques très dévastatrices pour chaque citoyen, orientations mises en branle non pas par des individus, mais par les gouvernements de droite qui se sont succédé depuis vingt ans.

À moins d'être complètement aveugle ou parfaitement en accord avec ces politiques d'austérité totalement arbitraires et sans fondement, celles-ci doivent absolument être dénoncées, que cela vous plaise ou non. Nulle part dans ma lettre, je ne mentionne que l'individu est foncièrement mauvais et qu'il a besoin d'une force supérieure pour le contrôler. Votre interprétation est extrêmement fallacieuse. Par contre, vos propos font preuve d'une forme d'angélisme particulièrement troublant et particulièrement ridicule en affirmant que l'individu est foncièrement bon et que toute forme de contrôle tend à le corrompre. En fait, le message que vous essayez de transmettre, c'est que la liberté et la démocratie pourraient se bâtir uniquement par la responsabilisation de chaque individu. En d'autres mots, vous reprenez de manière plus ou moins camouflée la même thèse que Mme Margaret Thatcher: «la société n'existe pas, il n'y a que des individus».

Nous le répétons souvent: «nul n'est une île». Les humains ont toujours vécu en société et depuis les temps immémoriaux, ces mêmes sociétés (c'est-à-dire les groupes d'individus bons, solidaires et généreux) se sont donné des structures parce qu'elles ont compris que, sans gouvernement, ce serait le chaos et l'anarchie. Peu à peu, grâce à des individus visionnaires et pragmatiques, ces structures ont évolué vers des gouvernements démocratiques. Je ne parle pas de contrôle total, mais de démocratie telle que définie par Lincoln: «le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple».

Et contrairement à ce que vous affirmez, l'être humain n'est pas seulement généreux, mais il est aussi très cupide, il n'est pas seulement solidaire, mais aussi très individualiste. C'est pourquoi certains gouvernements et certaines administrations ont parfois été noyautés par des individus cupides et individualistes qui, malheureusement, les ont conduits à adopter des politiques néfastes pour tous les individus qui composent la société. Et c'est aussi pourquoi les électeurs et les électrices, qui sont aussi des individus aux tendances tantôt positives, tantôt négatives, votent parfois pour des partis politiques qui favorisent la cupidité et l'individualisme des citoyens.

Dénoncer les politiques d'austérité est une façon d'exprimer sa foi en l'être humain. Prendre la parole pour rappeler que le capitalisme sauvage qui domine l'humanité est la principale cause du réchauffement de la planète et de la montée du terrorisme est une autre façon d'exprimer sa confiance dans la conscience écologique et sociale des humains. Garder le silence sur ces catastrophes déjà présentes dans notre monde, c'est devenir complice des malheurs qui frappent les individus qui composent les peuples partout sur la Terre. Qui ne dit mot consent, c'est bien connu.

 

André Beauregard

Shefford

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