La lumière, ENFIN, la lumière!

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La Voix de l'Est

Depuis des temps immémoriaux, les peuples ont craint l'obscurité et la nuit. Ils ont toujours été angoissés par les longues périodes de noirceur automnale et hivernale. Ce qui les a conduits à déifier l'astre du jour, le soleil, comme l'ont fait les Égyptiens et les Mayas.

C'est pourquoi le jour où le soleil semblait réoccuper de plus en plus de temps dans le ciel d'hiver, le coeur des gens débordait de joie et d'allégresse. Tous les peuples depuis au moins 3000 ans avant notre ère célébraient cette journée du solstice d'hiver avec beaucoup d'intensité: les villages étaient décorés et les rituels religieux se multipliaient. Oui, depuis la nuit des temps et dans toutes les civilisations, le 21 décembre a toujours été un jour de grande fête, la fête de la lumière.

Et au fur et à mesure que les empires politiques ou religieux se sont étendus à de nouveaux territoires, ils ont imposé leurs nouveaux dogmes et leurs nouveaux rituels. Ce fut le cas pour l'empire chrétien qui accapara cette grande fête de la lumière, le solstice d'hiver, pour la transformer en fête de la nativité du charpentier de Nazareth. Les mêmes rituels populaires ont continué à se manifester, mais en empruntant les couleurs chrétiennes. L'empire chrétien imposa ses symboles religieux et ainsi, sous l'influence de François d'Assise, apparut la crèche de Noël avec ses moutons et ses chanteurs angéliques.

Mais depuis plusieurs décennies, l'empire commercial a pris le contrôle de cette grande fête de la lumière. La plupart des nations actuelles vivent au rythme de nouveaux rituels pour célébrer le solstice d'hiver: la multiplication des décorations lumineuses dans les villes et les maisons et la prolifération des cadeaux de toutes sortes. Pour combattre la morosité suscitée par les trop courtes heures ensoleillées et les trop longues périodes de grande noirceur, nous nous sommes créé de toutes pièces une ambiance de grande luminosité et de grande réjouissance. Il n'y a rien de nouveau: l'Humanité a toujours été assoiffée de lumière, la lumière qui luit après les longues heures de la nuit, la lumière qui éloigne les ténèbres, la lumière qui éclaire la route.

Cette image de la lumière au bout du tunnel a toujours été présente dans nos coeurs et en particulier en cette période de bouleversements climatiques, d'austérité arbitraire et inutile et de terrorisme planétaire. Comme l'écrivait le poète Charles Péguy, il y a toujours dans nos coeurs la petite flamme de l'espérance, celle qui nous permet de croire en un avenir meilleur non seulement pour chacun de nous, mais aussi pour tous les hommes et toutes les femmes de la Terre,  indépendamment de ce qui les caractérise et les identifie. Un seul principe supporte ce souhait: nous sommes tous des êtres vivants, des êtres humains égaux et par conséquent, nous méritons tous de vivre dans la paix. Or, celle-ci dépend totalement de nous, les hommes et les femmes de bonne volonté. Comme la lumière du solstice d'hiver illumine toute la planète, espérons que la volonté internationale de construire la paix sur la Terre réussira à percer les ténèbres actuelles.

André Beauregard, Shefford

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