Centre aquatique à Lac-Brome: un projet controversé

Le maire de Lac-Brome, Richard Burcombe... (Janick Marois, Archives La Voix de l'Est)

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Le maire de Lac-Brome, Richard Burcombe

Janick Marois, Archives La Voix de l'Est

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La Voix de l'Est

En tant que résidant de la Ville de Lac-Brome, je suis, comme bon nombre de mes concitoyens, très préoccupé par la tournure des évènements en regard du projet de centre aquatique appuyé par le conseil municipal le 13 octobre.

Le conseil fait la promotion d'un projet qui est loin de faire l'unanimité. Une pétition forte de près de 1500 signatures demandant la tenue d'un référendum a été rejetée du revers de la main par le maire Burcombe sous prétexte que les élus sont là pour prendre des décisions. Vous-même, en tant qu'élu, savez pertinemment que le fait d'être au pouvoir ne revient pas à avoir carte blanche pour engager des dépenses sans en justifier pleinement le besoin.

C'est pourtant ce que fait notre conseil de ville. Ce dernier a donné son aval pour une levée de fonds d'au moins 4 M$ sous les auspices de la Fondation CARKE. Or, bien que le projet puisse paraître attrayant à première vue, plusieurs d'entre nous sommes inquiets, d'autant que, au moment de l'adoption de cette résolution, le projet n'est pas documenté de façon adéquate. Ni la Ville de Lac-Brome (VLB) ni la fondation CARKE n'ont produit d'étude de faisabilité démontrant la viabilité du projet, et ce en dépit d'appels insistants pour étayer les frais d'opération et de maintenance, ces derniers étant totalement absents du tableau;

1 VLB compte à peine plus de 5700 résidants et la norme veut que de telles installations soient viables pour un bassin d'au moins 20 000 ha. ;

2 Le conseil insiste sur le fait qu'un sondage, réalisé à grands frais, démontre que plus de 60 % de la population serait en faveur du projet. Or, ce sondage apparait biaisé. Notons:

A Qu'il a été réalisé une semaine après que le maire eut fait parvenir une brochure vantant les mérites d'un tel projet;

B Que l'échantillon est bâclé. De nos jours, nombre de gens (villégiateurs inclus) ont des cellulaires et n'ont pu faire valoir leur point de vue;

C Qu'il a été démontré qu'un nombre important de répondants venaient de l'extérieur des limites de la ville de Lac-Brome (...)

D Que le maire a parlé d'une augmentation équivalente à 3,7 % du compte de taxes sur la base d'estimations préliminaires très optimistes de l'avis de plusieurs.

3 Le conseil fait valoir que d'autres municipalités pourraient être intéressées dans le partage des coûts. Or, rien n'a été négocié. Un conseiller a fait allusion à Waterloo. Il y a fort à parier que cette communauté trouvera plus avantageux d'aller à Granby qui construit une super piscine.

4 La Ville subventionne les activités parascolaires des écoles locales. Peut-on réellement escompter que les commissions scolaires vont payer pour l'entretien de la piscine?

5 L'argumentaire du conseil repose sur le défi démographique qui se pose à Lac-Brome. Logique bancale. On construit des écoles pour répondre à la demande et non pour attirer des familles. Qui plus est, le conseil ne peut citer en exemple aucune communauté où la venue d'une piscine a changé la donne.

6 VLB a déjà accès à une piscine, à la polyvalente de Cowansville. Et ce, dans le même esprit de complémentarité régionale que les projets d'autres municipalités que citent en exemples les élus de notre beau village;

7 L'absence d'étude de faisabilité à ce point-ci nous fait craindre le pire. L'acharnement du maire à aller de l'avant n'a rien de rassurant. Devant le tollé de protestations, ne pourrait-on pas tenir un référendum une fois les coûts présents et futurs dûment établis?

Nombre de questions subsistent, Monsieur le député, et je vous saurai gré d'en tenir compte lors des demandes de financement qui ne sauraient tarder à venir. Rappelons certains faits:

1 Aucun des membres du conseil n'avait à son programme la construction de ce centre aquatique. Comment peut-on dire que cela est légitime?

2 Pourquoi la Ville se réfugie-t-elle derrière la Loi d'accès à l'information quand des citoyens demandent de l'information sur le projet? On a fini par savoir que la Ville a engagé en tout et pour tout 2700 $ en frais professionnels (ingénieur et récréologue). Une pitance en comparaison des frais de sondage CROP et de lettres promotionnelles de M. le maire sur papier glacé SVP (plus de 20 000 $).

3 La ville renvoie à la Fondation CARKE les gens qui veulent en savoir plus, cette dernière prétend en retour n'avoir aucun compte à rendre.

4 Finalement, pourquoi le maire prétend-il ne pas connaître les membres de la Fondation CARKE, ceux-là mêmes qui lui ont fait une offre? Question au maire (PV 2015-10-13)

Monsieur le député, nous demandons votre soutien afin que la Ville de Lac-Brome et son conseil fassent leurs devoirs dignement. À savoir:

1 Reconnaître la légitimité du geste de la population quand elle demande un référendum sur un projet d'envergure qui engage la communauté pour longtemps;

2 Produire une étude de faisabilité financière et technique qui permet de décider en connaissance de cause et non sur la base d'un élan populaire et démagogique;

3 Négocier avec ses éventuels partenaires afin de mesurer l'impact sur le compte de taxes;

4 Établir clairement la clientèle et la demande véritable pour de telles infrastructures.

En définitive, nous croyons sincèrement que la communauté n'a pas les moyens de supporter de telles infrastructures. L'insistance de la fondation CARKE et du conseil à vouloir à tout prix aller de l'avant entretient un malaise que seul un référendum pourrait dénouer. (...)

 

Philippe Rendak,

Lac-Brome

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