Lutte contre l'itinérance: des attentes importantes

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Nicolas Luppens, du Comité itinérance Haute-Yamaska rattaché au Groupe actions solutions pauvreté (GASP).

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La Voix de l'Est

Monsieur Jean-Yves Duclos,

 ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social,

Nous vous adressons nos sincères félicitations pour votre élection comme membre du parlement et votre nomination comme ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social.

Le gouvernement précédent a opéré une réorientation de la Stratégie des Partenariats de Lutte à l'Itinérance (SPLI) pour la période 2015-2019. Cette réorientation a fait en sorte de diriger la vaste majorité des fonds vers l'approche «Logement d'abord/Housing first», qui vise essentiellement des personnes en situation chronique d'itinérance, en leur fournissant un logement dans le marché privé sans prévoir la réalisation de nouveaux logements. Bien que cette approche puisse répondre aux besoins de certaines personnes en situation d'itinérance, une SPLI basée sur une approche globale d'intervention est nécessaire pour répondre aux besoins impérieux de la majorité d'entre elles.

La réorientation a eu des conséquences majeures en mettant en péril le maintien de services essentiels de premières lignes auprès de milliers de personnes en situation ou à risque d'itinérance au Québec. Dans la région de Granby, la Maison d'hébergement pour hommes en difficulté Le Passant bénéficiait d'un financement de la SPLI depuis plusieurs années. Grâce à ce financement, la ressource avait pu développer des services additionnels en réponse aux besoins de la région. Avec la réorientation du fédéral, la ressource a perdu le financement de la SPLI qui s'est traduit par une coupure de 11 lits sur les 28 disponibles depuis plusieurs années. Les regroupements locaux ainsi que les partenaires du réseau reconnaissent les besoins en la matière, mais faute de financement, ils ne peuvent être répondus adéquatement. En moyenne, six personnes par jour ne peuvent plus bénéficier d'un lieu pour passer la nuit. Ce constat est sans compter le support qu'un deuxième intervenant en poste permettait d'apporter auprès de la ressource pour femmes Entr'elles avec laquelle Le Passant partageait ses locaux.

Le milieu communautaire travaillant auprès des personnes en situation ou à risque d'itinérance demande ainsi le retour d'une SPLI misant sur des interventions globales et communautaires et une augmentation du budget alloué à la SPLI. Alors que les besoins des personnes n'ont cessé d'augmenter, le budget alloué à la SPLI n'a jamais été ni augmenté ni indexé depuis 15 ans. Nous demandons l'augmentation de la SPLI à 50 millions$ par année au Québec comparativement aux 20 millions$ alloués actuellement.

Il est urgent que le gouvernement fédéral agisse et rétablisse une SPLI généraliste, communautaire avec un budget augmenté pour prévenir et réduire l'itinérance.

J'espère que vous prendrez ces demandes en considération et nous vous remercions d'avance des interventions que vous ferez pour que ces demandes se retrouvent dans le premier budget du nouveau gouvernement.

Cordialement,

Nicolas Luppens, Comité itinérance Haute-Yamaska rattaché au Groupe actions solutions pauvreté (GASP), Granby

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