Et ça continue

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Chez nos voisins du Sud, il y a plus d'armes à feu qu'il y a d'habitants; 357 millions d'armes pour 317 millions d'habitants. Alors, il ne faut pas se surprendre de la tuerie qui s'est déroulée mercredi à San Bernardino, en Californie. Elle survient à peine une semaine après celle de Colorado Springs.

16 morts et autant de blessés: de la routine quoi. Plus ou moins 12 632 meurtres par année qui sont causés par les armes à feu. Triste record que les élus républicains et le tonitruant Donald Trump ne veulent pas limiter et diminuer.

Comme s'amuse à le répéter ce cher Donald, si les Américains tués lors de cette tuerie avaient eu eux aussi des armes à feu. Les victimes auraient été moins nombreuses; elles auraient été capables d'abattre les assaillants. Il se plaît à vouloir en convaincre ses concitoyens: attachez-le quelqu'un.

Pour lui et pour beaucoup d'autres Américains, c'est le retour du Far West. Aux États-Unis, il y a plus d'armes à feu (357 millions) que de véhicules automobiles (environ 260 millions) et il y a déjà beaucoup de morts par balle. Les accidents de la route font de moins en moins de victimes et il y a de plus en plus de morts par balle. Tellement, qu'en 2015, les armes à feu devraient dépasser l'auto comme principale cause de morts violentes aux États-Unis. Le service de recherche d'une agence de presse, après avoir analysé des statistiques publiques, a prédit que dès 2015, aux États-Unis, les armes à feu feront plus de morts (32 929) que les accidents de la route (32 036).

En comparaison, le Canada compte environ six fois plus de décès imputables au suicide et cinq fois plus de décès imputables aux accidents de la route que de morts attribuables aux homicides, selon les statistiques fédérales. Au Canada, seulement un tiers des meurtres sont commis avec une arme à feu. En 2009, il y a eu 3890 morts imputables au suicide et 2618 aux accidents de la route. Le nombre de morts par balle était de 743 en 2004. C'est normal, pourrions-nous dire: il y a beaucoup plus de voitures que d'armes à feu. Ce qui ne nous a pas empêchés de connaître certaines tueries: l'École Polytechnique en 1989, l'Université Concordia en 1992, le Collège Dawson en 2006.

Tous les réseaux américains de télévision peuvent compter sur les tueries hebdomadaires. Une fois semaine, à tout le moins, ils auront une soirée où ils pourront diffuser en direct des heures et des heures d'un quelconque attentat.

En lieu et place d'une série nous montrant des assassinats en série, ils pourront montrer le ravage que font leurs armes à feu. Les politiciens seront consternés, mais aucun ne proposera la solution pour y mettre fin. Le lobby des armes à feu et les politiciens républicains s'y opposant toujours. Ainsi soit-il.

 

Bernard Fournelle

Granby

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer