Une culture de la violence à la mode du jour

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La Voix de l'Est

La planète est sous le choc: Bamako, Paris, dans des pays lointains. Saint-Jean-sur-le-Richelieu, Ottawa, dans notre jardin. L'humanité tente de relever la tête après les attentats qui ont fait plus de 130 morts et quelque 300 blessés dans les rues de Paris. De semblables tueries se déroulant en Irak ou en Afghanistan sont routinières et ne font même plus l'ouverture de notre téléjournal. Mais pour Paris, la capitale des Lumières, c'est l'effroi.

Le Québec a connu de scénarios semblables: l'École Polytechnique en 1989, l'Université Concordia en 1992, le Collège Dawson en 2006, sans parler des tueries chez nos voisins du Sud: Columbine en 1999, l'école Amish de Nickel Mines en 2006 et l'Université Virginia Tech en 2007 pour ne nommer que celles-là.

L'interprétation facile et rapide est de conclure que c'est l'oeuvre de fous ou de désaxés, et nous attendons le prochain attentat en direct.

Les médias se permettent des pistes de réflexion après les attentats de Paris. Ils nous ressortent la même vieille cassette: une idéologie s'appuyant sur une religion, les discours de l'extrême droite, les partis politiques de la droite traditionnelle qui se radicalisent pour plaire à un certain électorat, les jeux vidéos violents où les tueries deviennent un art ou un simple loisirs, les séries télévisées et les films truffés de meurtres et d'assassinats, la peur de l'étranger, la prolifération des armes à feu et surtout la facilité à se les procurer. L'émergence de sites haineux sur Internet alimente cette violence. Ajoutez à cet environnement des individus fragiles, radicalisés et vous avez le prototype parfait pour commettre l'invraisemblable. Faut-il s'en étonner? L'addition de toutes ces sources fait en sorte que des individus se transforment en justicier et en martyr d'une cause. C'était vrai pour les forcenés de Paris comme c'était vrai pour tous les autres meurtriers. Ils veulent tous vivre une certaine gloire.

Les médias, toutes catégories confondues, s'efforcent d'étaler à la Une ces drames. Est-ce trop? Est-ce nécessaire? Font-ils consciemment ou inconsciemment des héros des acteurs de ces attentats? Les médias n'intoxiquent-ils pas les cerveaux en banalisant à la longue ces drames? La livraison en continue, des situations n'alimente-t-il pas l'excitation des masses en les préparant à un éventuel scénario du pire? Les questions se posent: où, quand comment le prochain attentat?Quoi que disent Monsieur et Madame tout le monde, la violence sous toutes ces formes est devenue un divertissement et les larmes de crocodile versées suite à un drame ne font qu'augmenter le nombre de lecteurs ou de téléspectateurs.

Le fait d'être exposé, dans une perspective interactive, à une violence crue, réaliste et perçue comme un moyen efficace d'avancement pourrait inciter un jeune ou un moins jeune à se montrer violent dans la vie réelle. Mais cette violence est payante et ça fait rouler l'économie, sans parler des cotes d'écoute.

Il se commet chaque jour 541 meurtres dans le monde, soit 197 333 par an (chiffres 2009). Sans compter les victimes de toutes les guerres en vigueur à ce jour.

Notre réalité cultive la violence et nous appelons ça l'évolution. Caliméro avait bien raison de dire: Pôvres de nous.

 

Bernard Fournelle

Granby

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