« Heureux l'homme qui doute! »

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La Voix de l'Est

Monsieur Noël Doucet,

Vous y allez un peu fort en attribuant les tueries à «la religion», sans distinction. Les extrémistes islamiques se servent de bribes du Coran (mal interprétées) pour justifier leur haine contre tout ce qui est culture, art et divertissement, tout en ne se privant pas de harceler les femmes et de les asservir. Ils ne sont pas religieux, ils sont fanatiques et pervers. Ce sont les nazis du siècle. Ils sont désavoués, non seulement par les religions chrétiennes, mais aussi par l'ensemble des musulmans du monde. Croyez-vous vraiment que les «tueries» s'arrêteraient à la mort de toutes les religions? Croyez-vous que toutes les guerres (les deux guerres mondiales, etc.) furent des «guerres de religion»? Croyez-vous sincèrement que ce sont les religions qui ont semé la violence dans les coeurs? Avez-vous déjà entendu des prêtres prôner la haine, la tuerie, la guerre?

Dommage que vous mettiez dans le même panier la religion de vos pères et mères, celles de nos autres frères chrétiens, celle des musulmans sincères et les nombreuses autres religions qui rassemblent des gens de bon vouloir. D'ailleurs, vous proclamez que «la religion, ce n'est pas la vérité, ce n'est rien de vrai». C'est radical, sans appel. Puis vous ajoutez que «personne ne sait si Dieu existe ou pas»... sauf vous, car, du même souffle, vous affirmez que «Dieu... ce n'est pas vrai». Enfin! La croyance en un être suprême existe depuis que le monde est monde, en passant par les philosophes grecs et romains et ceux qui sont venus ensuite, jusqu'à nos jours. «Je me sens contraint de regarder la cause première comme dotée d'un Esprit intelligent», disait Darwin.

Le fanatisme antireligieux est aussi nauséabond que le fanatisme religieux. Cependant, je concède volontiers que les religions sont toutes imparfaites. Elles sont des organismes humains, donc faillibles. Il faut continuellement les réorienter vers l'essentiel. Ainsi, le catholicisme et les religions chrétiennes doivent toujours marcher sur les traces du jeune homme de Nazareth, un dénommé Jésus qui ne cessait de répéter: «Aimez-vous les uns les autres» et qui fréquentait ceux que la société rejetait: les pauvres, les malades, les infirmes, lesdits pécheurs. Il ne prêchait que l'amour, le pardon et le partage. Les religions qui prônent ces valeurs mériteraient certes votre respect.

 Et vous errez lorsque vous prétendez que «l'État doit se faire le porte-parole des non-croyants» et «mettre la religion à sa place». L'État doit être laïc, c'est-à-dire neutre, indépendant des religions et croyances (ou non-croyances). Il est au service de tous indistinctement.

J'ai toujours eu de la difficulté à comprendre ceux qui n'ont que des certitudes. J'admire ceux qui, humblement, doutent, qui sont constamment en recherche et qui, malgré tout, gardent espoir et foi en Quelqu'un qui les dépasse. Yves Steinmetz, penseur bien connu et apprécié dans notre milieu, m'écrivait, peu de temps avant sa mort: «Heureux l'homme qui doute! Le doute est une merveilleuse quête de tous les jours».

 

Émile Roberge

Granby

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