Il faut mettre chaque croyance à sa place

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La Voix de l'Est

J'ai lu avec surprise la lettre d'opinion de M. Noël Doucet du 16 novembre ayant pour titre: Mettre la religion à sa place. Je la comprends comme un désir de faire cesser la violence, suite aux évènements de Paris. Cependant, ceux qui suivent de près la situation au Moyen-Orient savent qu'elle est très complexe, que les causes sont connues, et qu'elle va bien au-delà du religieux. Mais je voudrais ici revenir sur le contenu du texte.

Affirmation. L'auteur écrit d'un seul trait «la religion ce n'est pas la vérité, pas vrai, pas solide, pure théorie pour tenter d'expliquer le monde. Dieu c'est beau, mais ce n'est pas vrai... L'État doit combattre cette idéologie... haut et fort».

Croisade. Je constate avec regret que malgré la bonne intention, le texte reprend l'idée que l'État parte en guerre contre les religions, celles qui ne croient pas en «La Vérité» la vraie, la sienne, l'athéisme. Car ce que l'auteur propose, «mettre les religions à leur place» a déjà été fait: en Russie, Chine, Corée du Nord.

Croyance. Il n'y a aucune preuve de l'existence de Dieu. C'est pour cela qu'on parle de «foi», de «croyants». Mais, il n'y a pas non plus de preuve que Dieu n'existe pas. En ce sens, l'athéisme est aussi une «foi», une croyance. Aucune preuve. Ni la religion, ni l'athéisme ne sont des certitudes scientifiques.

Dogme. On peut certainement affirmer «je crois que Dieu n'existe pas», ou «je crois que Dieu existe». En disant «je crois que...», on parle de soi. Cependant si on affirme «Dieu n'existe pas», ou «Dieu existe», on ne parle plus de sa croyance, on affirme un dogme. Ce que font les religions. L'angle mort de la religion, comme de l'athéisme, est d'en venir à penser qu'on est les seuls à avoir «la bonne». On passe alors la ligne fine entre le chemin de foi (sans ou avec un Dieu) et la certitude, qui en est l'aire de repos, le rest area. La certitude a un avantage: elle est plus confortable que le doute qui cherche à s'éclairer. L'aire de repos de la certitude est très tentante, pour les tenants des deux croyances.

Laïcité. Nous voulons un État laïc, c'est-à-dire un État sans «foi», qui n'impose ni Dieu aux athées, ni l'athéisme aux «croyants»; un État qui ne prend parti pour aucune de ces deux démarches tout en respectant chacune.

Vivre. Les causes profondes de cette situation sont politiques, complexes, connues. Nous sommes mondialisés, de diverses croyances, sur une planète de plus en plus petite. Il reste à la tisser de plus en plus serrée. C'est le défi de nos générations: vivre ensemble. Résister à l'illusion que l'exclusion et le rejet sont le chemin vers la paix. Je crois que ce n'est pas d'abord un défi religieux, mais un défi pour notre spiritualité, que l'on soit croyant en Dieu, ou croyant sans Dieu. Une histoire à suivre.

 

Pierre Paul Gingras

Granby

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