Orientation inquiétante

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La Voix de l'Est

Le conseil d'administration de la maison de soins palliatifs, La Maison Au Diapason située à Bromont, a décidé d'aller à l'encontre des orientations provinciales et de ne pas offrir l'aide médicale à mourir à sa clientèle.

Cette prise de position a été publiée suite à la décision de la Maison Aube-Lumière de Sherbrooke d'inclure l'aide médicale à mourir dans son offre de services de soins palliatifs.

Permettez-moi comme citoyen d'être très inquiet face à cette prise de position des administrateurs de la Maison Au Diapason.

Retraité du domaine de la santé, j'ai aussi oeuvré comme bénévole soignant auprès des malades en fin de vie au Centre Hospitalier de Granby et à La Maison Au Diapason. Dans la très grande majorité des cas, les soins professionnels offerts arrivent à soulager grandement les nombreux symptômes liés à la fin de vie et apportent des soins de conforts exceptionnels.

Cependant j'ai aussi côtoyé certains malades pour lesquels il était plus difficile d'atteindre les soins de confort optimaux. Il arrive que pour certains cas ne répondant pas aux antidouleurs habituels, les professionnels doivent recourir à des solutions plus efficaces comme des sédations profondes permettant un coma. On offre aussi un cocktail de détresse respiratoire chez des malades présentant des grandes difficultés respiratoires. Ces actes posés par des professionnels m'apparaissent assez proches de l'aide médicale à mourir.

L'aide médicale à mourir fait l'objet d'un large consensus au Québec. Pour une rare fois, tous les partis politiques ont voté en faveur et la Loi 52 a été adoptée le 5 juin 2014. Cette Loi est supportée dans son application à la fois par Le Collège des Médecins et l'Ordre des Infirmiers et Infirmières du Québec.

Les citoyens de la région de la Haute-Yamaska et Brome-Missisquoi sont fiers de s'être dotés d'une maison de soins palliatifs de qualité comme celle que l'on retrouve à Bromont. Je crois aussi qu'un grand nombre de personnes continue de soutenir financièrement cette maison.

Je suis inquiet pour ces quelques personnes qui pourraient avoir recours à l'aide médicale à mourir dans notre région et qui ne pourront pas y avoir accès à La Maison Au Diapason. Que deviendront-ils?

Pourquoi ne pas privilégier une approche plus ouverte et évaluer avec chaque malade et son entourage la meilleure décision à prendre.

Ce droit à l'aide médicale à mourir risque d'être peu utilisé, mais de savoir que nous aurons le choix m'apparaît essentiel et très rassurant.

 

Benoit Vigneau

Shefford

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