255 ans d'une lente agonie

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La Voix de l'Est

De la victoire du général Wolfe, le 13 septembre 1759, à la victoire de Philippe Couillard le 14 avril 2014, le parcours de ce petit peuple conquis ressemble de plus en plus à une lente agonie, une agonie qui le conduira probablement dans quelques décennies à sa disparition définitive.

Bien sûr, tout au cours de ces 255 ans, quelques grands sursauts nationalistes ont émaillé son Histoire, mais les forces en présence étaient tellement inégales. Que pouvaient rêver d'obtenir une poignée d'hommes et de femmes fort conscients de leur identité québécoise, mais obligés de lutter contre un empire colonial et plus tard, contre une fédération canadienne bien décidée à terminer de façon plus ou moins camouflée leur total assujettissement?

À la fin de ce long parcours dramatique rempli d'espoirs déçus, il serait peut-être intéressant de connaître ce qui caractérisait ce petit «peuple québécois». En effet, qui, durant toutes ces années de luttes héroïques, pouvait prétendre en faire partie? Bien sûr, étaient québécois ceux et celles qui habitaient ce territoire nommé Québec, mais était-ce suffisant pour affirmer qu'ils faisaient réellement partie du PEUPLE QUÉBÉCOIS? Dans les faits, bon nombre de ces Québécois se considéraient tout simplement comme membres d'une petite communauté francophone vivant dans un pays appelé Canada, où ils côtoyaient des dizaines d'autres petites communautés issues soit des Premières Nations, soit des vagues de migrants venus des différents continents. Pour ces Québécois faits pour un petit pain, le concept de peuple ou de nation n'avait aucune résonance dans la réalité politique, économique, sportive ou culturelle. Pour eux, il n'y avait aucun lien entre nation et souveraineté et aujourd'hui, que leur reste-t-il, sinon une identité très folklorique.

Au cours de toutes ces années, la société québécoise a manifesté son caractère distinct de multiples façons. Elle s'est distinguée deux fois en refusant démocratiquement d'ÊTRE MAÎTRE chez elle. Elle se distingue encore aujourd'hui par son IMMENSE PEUR des responsabilités qui incombent tout naturellement à des nations pleinement souveraines. Elle se distingue par son choix de plus en plus apathique de vivre béatement sous la jupe très confortable du gouvernement d'Ottawa. Ce statut lui permet de conserver précieusement la propriété des Montagnes Rocheuses!

En fin de semaine, la Coalition Avenir Québec de François Legault a décidé de ramener le Québec aux idées de l'Union nationale de Maurice Duplessis. Un grand pas en arrière, «Back to the future». La CAQ est et demeure un parti assis entre deux chaises: ni froid, ni chaud; ni blanc, ni noir; ni souverainiste, ni fédéraliste. En fait, la CAQ, qui criait sur tous les toits que les questions constitutionnelles n'intéressaient personne, décide de revenir aveuglément à ces longues années de négociations constitutionnelles avec un Canada fermé à tout jamais à ce genre de discussions. Malgré son virage à la couleur bleue et à la fleur de lys, la CAQ a décidé de franchir une autre étape de cette longue agonie du peuple québécois: le faire entrer non pas dans une profonde léthargie (il y est déjà), mais dans un profond coma.

 

André Beauregard

Shefford

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