Le favoritisme des ministres médecins

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.... (Patrick Sanfacon, archives La Presse)

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Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Patrick Sanfacon, archives La Presse

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La Voix de l'Est

Le gouvernement Couillard veut appauvrir tous les salariés de la santé. Il réclame 400 M$ sur 3 ans aux pharmaciens, gèle le salaire des fonctionnaires et des professeurs, taxe de façon rétroactive les pompiers et les policiers, augmente les taxes et les tarifs des citoyens...

On coupe partout! Vraiment? Il va y avoir une augmentation de 171 millions pour les médecins spécialistes en 2015!

Le ministre Barrette avait un énorme rapport de force avec son projet de loi 20, mais il a fléchi!

Est-ce que les médecins vont être plus productifs? Est-ce qu'on va attendre moins longtemps à l'urgence ou à la clinique? On peut en douter...

Actuellement dans le domaine de la santé, les projets de loi et les ententes avec les médecins ont été négociés par deux médecins, M. Barrette et M. Couillard!

Des médecins qui négocient avec des médecins, on voit ce que ça donne: la prime Bolduc, des suppléments de revenus et des frais accessoires élargis!

Ce qui est frappant en ce moment, c'est le favoritisme éhonté du gouvernement libéral à l'égard des médecins et des multinationales (exemple Bombardier) versus l'ensemble des contribuables québécois.

Ces derniers temps, le Dr Barrette est très préoccupé par le prix que paient les patients pour leurs médicaments alors qu'étrangement, le prix exorbitant qu'ils paient pour les frais accessoires chez le médecin ne lui pose aucun problème.

Comment se fait-il que l'on entende tant parler des prix des services pharmaceutiques et si peu du coût des services médicaux? Il y a pourtant bien plus de choses à dénoncer!

Selon le rapport annuel de la RAMQ (2014-2015), les coûts des médicaments et les services pharmaceutiques ont été stables de 2007 à 2015 malgré l'augmentation de 36 % du nombre des ordonnances alors que les coûts en services médicaux ont presque doublé durant la même période.

Entre 2007-2008 et 2015-2016 (soit 8 ans), la partie du budget du MSSS consacrée à la rémunération des médecins a fait un bon de 90,9 %.

Entre 2007 et 2013, on obtient une augmentation de la rémunération plus précisément de 86,6 % pour les spécialistes et de 60,5 % pour les omnipraticiens en 6 ans.

Les médecins ont gentiment accepté d'étaler leur augmentation qui se poursuit: 1,2 milliard de plus par année grâce aux ententes de 2007.

Les infirmières n'ont pas eu de rattrapage et pourtant, elles sont moins payées qu'en Ontario ou que la moyenne canadienne.

Actuellement, toute hausse de leur rémunération ne ferait qu'augmenter notre déficit. Autrement dit, nous devrions emprunter pour leur accorder ce rattrapage salarial.

On estime que plus d'une trentaine de radiologistes facturent chacun plus de 1 million de dollars par année au système de santé. Cela s'expliquerait par un gain de productivité dû à l'informatisation qui leur permet de traiter un plus grand nombre de patients. Grâce à la technologie, les radiologistes peuvent travailler à distance, en voyage et percevoir ce salaire faramineux.

La rémunération des 642 radiologistes coûte à l'État québécois plus de 300 millions de dollars annuellement.

Finalement, si les médecins avaient subi les mêmes restrictions que tous les employés du secteur public québécois, nous aurions économisé 15 milliards de dollars sur 8 ans. Soit plus que le déficit budgétaire cumulé des 8 dernières années.

Le Québec a-t-il encore les moyens de supporter les salaires des radiologistes et les médecins spécialistes?

Poser la question, c'est y répondre.

Patrick Tremblay, infirmier

France Mondou, infirmière

Dahia Merouane, infirmière

Minh Ha Nguyen, infirmière

Francine Visockis, pharmacienne

Joëlle Jammal, pharmacienne

Catherine Benoit, pharmacienne

Jonathan Beauregard, pharmacien

Nicolas Fontaine, pharmacien

Pierre Laporte, pharmacien

Maxime Dubé, pharmacien

David Thibault, pharmacien

Marie Ève Perron, ergothérapeute

Sarah Landry, psychologue

Brigitte Lefebvre, nutritionniste

 

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