Mystère et boule de gomme

«Le 30 octobre, par médias interposés, les Québécois se... (Archives La Presse Canadienne)

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«Le 30 octobre, par médias interposés, les Québécois se sont rappelé le référendum de 1995.»

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La Voix de l'Est

Le 30 octobre, par médias interposés, les Québécois se sont rappelé le référendum de 1995. Entre autres, trois chroniqueurs ont particulièrement bien résumé l'état des lieux de la nation québécoise vingt ans plus tard.

Dans Le Devoir, le 31 octobre, Antoine Robitaille écrit en éditorial: «Tout le monde a perdu, il y a vingt ans, le Québec patauge dans une sorte de marais délétère... Le souverainisme s'apparente à "un champ de ruines..." et le fédéralisme québécois est retourné à son trou... amant du statu quo.»

Dans Le Journal de Montréal, le 3 novembre, Josée Legault, écrit: «Le refus des deux hommes à tenir parole (Bouchard pour un 3e référendum tôt et Chrétien pour les solutions innovatrices permettant de l'éviter) est la cause première de la double impasse dans laquelle le Québec s'enlise depuis. Les souverainistes ne sachant plus si l'indépendance se fera un jour. Les fédéralistes se butant depuis à une porte irrémédiablement fermée.»

Dans La Presse, le 3 novembre, Lysianne Gagnon écrit: «Personne n'a sorti le champagne pour célébrer le 20e anniversaire du dernier référendum, tant le résultat fut amer pour les deux camps... Après ces aventures débilitantes, le Québec reste dans les limbes politiques, à la fois incapable de réaliser l'indépendance et incapable de profiter de son appartenance au Canada...»

Pourtant, en dépit de ce marais, de cette impasse ou de ces limbes, comme le soulignait Josée Legault, de nombreux Québécois espèrent toujours une «nouvelle entente» au sein du Canada. Selon un sondage CROP récent, au moins 4 francophones sur 10 en rêvent encore. Chez les 18-34 ans, 52% des répondants disaient même «préférer» une nouvelle entente avec le Canada à l'indépendance ou au statu quo.

Bien sûr, cet acharnement ou ce rêve à vouloir une nouvelle entente, en dépit de tous les échecs passés et d'un Canada pour qui la «question du Québec» ne se pose même plus, relève du mystère, selon Josée Legault.

Donc mystère et boule de gomme! Mais si la solution, pour éviter la déprime ou la paralysie devant le mystère, se trouvait justement dans la boule de gomme? Et si les 18-34 ans, membres de partis politiques ou pas, en adoptaient une et la proposaient au Canada en demandant même de la mettre dans la Constitution pour que celle-ci plaise par son goût, à la fois aux Québécois et aux Canadiens, et... qu'entre les deux, parfois, on ose même s'échanger la gomme...

J'ai deux fois 34 ans et je crois que l'avenir du Québec dépend maintenant de vous, chers 18-34... jusqu'à 43, donc incluant Justin Trudeau et sa volonté de changement tant promise en période électorale. Je vous propose donc un modèle de boule de gomme que j'appelle DÉCLARATION D'IDENTITÉ DE LA NATION QUÉBÉCOISE. La voici donc décomposée en ses multiples saveurs:

«Depuis plus de 400 ans, à force d'espérance et de persévérance, le Québec s'est imposé au monde, non seulement comme une terre de paix et d'accueil, mais aussi de créativité et de productivité. Dans leur coeur et leur vie, depuis très longtemps, c'est la terre et la langue française qui les lient tous et toutes, et les lieront toujours... ces gens du pays, de façon distincte sur ce continent de verdure et de glace.

Et par-dessus tout, c'est la liberté qui nourrit leurs actions, la fidélité, leurs souvenirs, et le partage, leur avenir. Incidemment, par la présente déclaration, un nouveau partage est consenti avec le peuple du Canada.

Ce triple trésor de valeurs communes auquel s'ajoute la richesse de leurs valeurs fondamentales, en particulier, l'égalité de l'homme et de la femme, la laïcité et la neutralité de l'État, obligent ce peuple du Québec, d'une rare humanité, tellement plein d'humour et, qui aime bien manger... à défendre et à accroître, autant que nécessaire, les pouvoirs qui protègent et favorisent sa singularité au Canada et en Amérique du Nord, c'est-à-dire, ceux d'une nation souveraine.

Prenant à témoin la Constitution canadienne, ses premiers, ses anciens (francophones et anglophones) et ses nouveaux habitants s'unissent à nouveau, aujourd'hui et pour demain, afin de développer et faire fructifier cet héritage.

Le peuple du Québec, par la présente déclaration d'identité, se veut fédérateur et reconnaissant envers le Canada de lui consentir, avec outils financiers, des pouvoirs souverains additionnels et exclusifs, en matière de langue, de culture et d'immigration.»

Chers 18-34, si vous voulez une «nouvelle entente» avec le Canada, c'est le temps d'agir et de vous manifester avec, disons, une offre d'entente nouvelle, inspirée de ma proposition ou non, susceptible d'interpeler fortement à la fois les Justin Trudeau, Mélanie Joly et beaucoup de jeunes de votre génération qui se sont retrouvés le 4 novembre au conseil des ministres et, plus largement, les jeunes de votre génération, aussi, à travers le Canada... après tout, les réseaux sociaux c'est votre force. Donc, voudrez-vous et pourrez-vous faire une différence à la fois pour l'avenir du Québec et l'avenir du Canada?

 

Denis Forcier, Shefford

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