Pour redonner Granby à ses citoyens

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La Voix de l'Est

Ce matin-là, comme à tous les matins, je marchais sur la rue Principale pour me rendre au cégep. Après quelques tentatives infructueuses, un automobiliste courtois me laisse passer et je réussis finalement à traverser la rue pour me rendre à l'école. Je passe devant un terrain vacant, toujours aussi rocailleux. À ma gauche, le stationnement Johnson. À ma droite, le stationnement Court. Le paysage est aussi morne qu'à l'habitude. C'est à se demander pourquoi on appelle ça un centre-ville. Il devait y avoir plus d'autos que de piétons sur la rue. C'est ce matin-là que j'ai réalisé que j'étais persona non grata sur la Principale et que l'automobile, elle, était reine.

Comment faire pour redonner aux citoyens le centre-ville et du même coup, le revitaliser? Croyez-moi, ce ne sont pas les idées qui manquent! Ce qu'il faut à Granby, c'est un lieu de rencontre, un lieu à l'échelle humaine qui appartient aux citoyens. Pourquoi avons-nous délaissé petit à petit la rue Principale pour les centres commerciaux et les grands magasins que nous parcourons en voiture? Parce que le centre-ville a donné trop d'espace à l'automobile plutôt qu'aux gens. Les seuls moments où la rue Principale devient un lieu convivial et vivant, c'est pendant la Fête des mascottes, qui met de côté l'automobile pour laisser place aux piétons.

 Imaginez ce que serait une rue Principale piétonne... à l'année! De la rue Saint-Antoine jusqu'à la rue Dufferin, les terrasses (présentement rares) s'y développeraient sans cesse et les restaurateurs feraient des affaires d'or. La fin de semaine, on y viendrait de tous les coins de la ville pour prendre une marche, manger un repas vendu par un des nombreux food trucks ou pour courir les aubaines chez les nombreux commerçants qui viendraient s'y installer. Les amuseurs de rue feraient sourire les piétons à la Place Johnson qui serait une vraie place publique offrant un peu de repos aux badauds avec son jardin public et son mobilier urbain confortable. Lors du Festival de la chanson, la rue Principale vibrerait au son de nombreux artistes qui se produiraient sur ses scènes. L'hiver après avoir siroté un chocolat chaud au café Hortense on irait à la patinoire publique qui serait aménagée sur le terrain vacant au coin de la rue St-Joseph pour terminer le tout par une visite à la nouvelle bibliothèque municipale dans l'ancienne église Notre-Dame. Les dimanches matins, il y aurait même des cours de yoga en plein centre-ville!

Vous croyez que je rêve en couleur? Parlez-en aux habitants de Burlington, qui ont vu leur économie fleurir considérablement depuis qu'ils ont ouvert leur rue Principale aux piétons. Depuis, les commerçants s'arrachent les locaux sur cette rue qui est devenue un espace où il fait bon vivre!

Vous croyez que la rue Principale est une artère trop importante pour être fermée à la circulation? Parlez-en aux New-Yorkais qui ont fait de Times Square, jadis un des secteurs les plus congestionnés de la ville, une impressionnante place publique.

Chers concitoyens, osez rêver et exigez de ravoir votre centre-ville! Chers élus, soyez audacieux! Ces idées sont moins coûteuses qu'un centre aquatique ou une route. Pourtant, leurs retombées économiques sont significatives. Il suffit d'un peu de bonne volonté et tout est possible. Après tout, nous vivons dans une ville rayonnante, non?

Nicolas Rousseau, étudiant au cégep de Granby

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