Le pouvoir inouï du niqab !

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La Voix de l'Est

Dans le débat concernant le niqab, il est bien difficile de faire la distinction non seulement nécessaire, mais obligatoire entre une attaque du principe d'égalité homme/femme et la profonde aversion culturelle qui nous submerge. L'émotion est tellement forte qu'elle nous empêche de prendre le recul nécessaire pour bien analyser la situation.

Bien sûr, nous sommes très déçus de constater que ce débat au milieu de la campagne électorale ait pris une telle importance au détriment d'enjeux autrement plus graves. Et pourtant, demandons-nous si le niqab porté par Mme Zunera Ishaq a joué un rôle tout aussi important sinon plus que les promesses semées aux quatre coins du pays par les cinq chefs des partis politiques. Les résultats électoraux démontrent qu'il n'en fut rien et maintenant, plus personne ne reparlera du niqab.

Pourtant, cet épisode a permis à certaines affirmations de courir les rues; or, celles-ci sont rarement soutenues par des analyses et des recherches approfondies. En effet, peut-on affirmer sans en douter que toutes les femmes qui portent le niqab sont toutes des femmes soumises? Peut-on affirmer que le port du niqab est automatiquement une attaque du principe de l'égalité homme/femme? Sur quelle recherche et sur quelle analyse reposent ces deux affirmations? On se rend bien compte que ce sont des questions qui doivent être étudiées cas par cas. Il serait bien téméraire de formuler des réponses mur à mur. Et si les analyses démontraient que ces femmes sont bien des femmes soumises, qui faudrait-il punir? Les victimes ou leurs oppresseurs? Pourquoi, comme la plupart des religions, s'attaquer spontanément aux femmes?

Par contre, nous pouvons affirmer sans nous tromper que la très grande majorité des Québécois et des Canadiens ont une profonde aversion pour cette tenue vestimentaire qui découle d'idées culturelles ou religieuses qui sont à des années-lumière de nous. (...) Nous ne voulons pas servir, enseigner ou soigner une femme sans voir son visage. Nous ne voulons pas non plus être servis, enseignés ou soignés par une femme cachée sous son niqab. C'est là le fondement de nos réactions et rien d'autre.

Mais, avons-nous rencontré cette femme? Avons-nous parlé avec elle? La connaissons-nous autrement que sous le titre de la femme voilée? La journaliste Rima Elkouri dans La Presserapporte comment Mme Zunera Ishaq se décrit. «Je suis une mère. Je suis une universitaire», écrit celle qui se présente d'emblée comme une femme engagée et une mère aimante. «Je porte aussi un niqab, ajoute-t-elle.» Zunera Ishaq explique qu'elle porte pourtant le niqab par choix. Au grand dam de gens qui voudraient lui dicter son mode de vie. «Je leur ai dit que je préfère penser par moi-même.» Voilà ce qui la pousse, dit-elle, à revendiquer le droit de porter un voile intégral lors de sa cérémonie de prestation de serment pour recevoir la citoyenneté canadienne.

(...) Avant de lui dire de quitter le pays, il faudrait peut-être confronter nos réactions émotives à nos principes supposément égalitaires et démocratiques et se demander si, son niqab mis à part, cette femme ne vit pas exactement comme toutes les autres femmes québécoises et canadiennes que nous connaissons.

 

André Beauregard

Shefford

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