Se donner un pays dans l'honneur et l'enthousiasme

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La Voix de l'Est

Voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant? Enfin, on a la question! Gilles Duceppe l'a mise sur la table au débat des chefs jeudi passé. Elle est claire et aucun des chefs ne s'y est opposé. La seule réponse ou réaction fut celle de Harper, «l'indépendance est passée date». A-t-il raison?

On pourrait le croire puisque depuis le référendum de 1995, gagné de justesse par les fédéralistes, qui ont contourné les règles de financement, le Parti québécois d'abord, avec Lucien Bouchard, n'a pas jugé bon de le reprendre à moins qu'apparaissent des «conditions gagnantes». Conditions que le Parti québécois a attendues jusqu'à l'arrivée de Pierre Karl Péladeau dans la course électorale de 2014 qui ne s'est pas gêné, enfin, pour brandir le poing et dire «on veut un pays».

Maintenant que sont clairs à la fois l'objectif et la question, il ne reste que le pourcentage nécessaire pour un Oui gagnant.

Actuellement, le NPD est le seul parti fédéraliste qui appuie la norme démocratique du 50 % plus une voix. S'il prend le pouvoir, le parti libéral trouvera le moyen de contester cette norme auprès des tribunaux pour tenter de faire triompher sa loi sur la clarté qui donne au fédéral le pouvoir de juger de la clarté du résultat après la tenue d'un référendum sur l'indépendance du Québec, cela, avant d'enclencher le processus de négociation de la sécession d'avec le Canada.

Alors, je pose la question suivante: pour éviter cet éventuel piège politique, pour éviter que, et c'est l'argument principal de Jean Chrétien, le Parti québécois gagne le référendum par une seule voix, celle, selon lui et Justin Trudeau, son protégé, de la «madame qui aurait mis son crochet à la mauvaise place ayant oublié ses lunettes»Gilles Duceppe ne devrait-il pas annoncer qu'un oui gagnant, le sera par un résultat de 50 % plus deux voix?

S'il le faisait, peu importe le résultat de l'élection pour lui et le Bloc, il aurait rendu un service important au Parti québécois. Celui de travailler maintenant exclusivement à rendre très clairs les motifs pour lesquels le Québec devrait devenir un pays et, ce faisant, démontrer que l'indépendance est plus que jamais d'actualité. Pourquoi?

Parce qu'il est légitime et responsable que le peuple du Québec se gouverne lui-même et prenne toutes ses décisions, c'est une question de maturité.

Parce que, à titre de seul peuple francophone dans les deux Amériques, nous devons nous donner la pleine souveraineté afin de participer à l'amélioration du monde par notre implication au sein des Nations Unies.

Parce que, à titre de peuple souverain, nous pourrons convenir et entretenir librement des liens politiques avec le Canada, notre voisin immédiat, dans le but de protéger nos intérêts réciproques en Amérique du Nord.

Parce que, historiquement, à titre de peuple fondateur, nous avons largement contribué à l'identité canadienne. En 1982, les nôtres ont même renoncé au titre de peuple fondateur francophone, pour livrer à l'autre peuple fondateur anglophone le Canada multiculturel qu'il désirait.

Parce que nous devons assumer cette erreur politique, pour aller plus loin ensemble, et donc, après avoir donné à nos voisins le pays qu'ils désiraient, nous devons maintenant penser à nous et nous donner également un pays et, vraiment, dans l'honneur et l'enthousiasme.

 

Denis Forcier

Shefford

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