La valeur de l'argent

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La Voix de l'Est

Je suis toujours renversé de voir à quel point les gens ne comprennent pas que l'argent ne pousse pas dans les arbres. À propos du pacte fiscal, le maire Bonin nous dit:

«Et je pense que les citoyens du Québec ont laissé 300 millions$ sur la table. Je ne vois pas ce qu'ils ont gagné».

Cet argent n'est pas un cadeau qui tombe du ciel; il vient des impôts, c'est-à-dire des poches de ces mêmes citoyens. Qu'est-ce qu'ils gagnent? Une saine gestion des finances provinciales. Vous voyez, ces merveilleux cadeaux qu'on se paye à gauche et à droite, pour tout et pour rien, eh bien, on ne les paye pas en réalité, on emprunte. Au provincial c'est devenu tellement problématique, que l'augmentation de la dette est devenue incontrôlable. Imaginez, on ne parle même pas de rembourser la dette, on tente tant bien que mal de freiner son augmentation.

Mais le maire Bonin en rajoute: «Les villes vont porter l'odieux pour aller chercher l'argent d'une façon ou d'une autre».

La province a des responsabilités et amasse des impôts auprès des citoyens pour les réaliser. Les municipalités ont d'autres responsabilités et amassent des taxes - auprès de ces mêmes citoyens - pour les réaliser. Qu'est-ce qu'il y a de difficile à comprendre dans ce principe? Pourquoi le provincial devrait amasser de l'argent pour les municipalités? Avec les subventions provinciales, c'est plutôt le gouvernement provincial qui à l'odieux d'aller chercher l'argent chez les citoyens pour que les politiciens municipaux puissent se targuer de faire des cadeaux à leurs citoyens sans que cela leur en coûte un seul sous (une fausseté, naturellement).

M. Bonin, ne condamnez pas le provincial pour les possibles hausses de taxes municipales. Le conseil municipal est le seul responsable de son budget et il doit le balancer selon les moyens de ses citoyens.

Pensez plutôt à vos prédécesseurs qui ont fait des «investissements» sur notre carte de crédit municipale. Ces «investissements» étaient censés contribuer au développement de la ville et se payer par eux-mêmes; voire nous enrichir. Le maire de l'époque aimait bien recevoir les fleurs. Or, comme vous le savez trop, le pot suit de près: nous avons dû augmenter le taux de taxes et ce n'était probablement pas la dernière fois. Et ce, malgré que la ville s'agrandisse (comme elle l'a toujours fait, d'ailleurs). Il faut croire que les revenus espérés n'ont pas été au rendez-vous (en fait, on avait oublié de comptabiliser les responsabilités accrues qui viennent avec une population plus grande). La morale de l'histoire est que l'endettement n'est pas nécessairement un investissement. Retiendrons-nous la leçon?

Vous aurez un trou de 1 million$ dans votre budget avec le pacte fiscal? Que pensez-vous des dépenses de votre prédécesseur qui vous offre un trou de 7,5 millions$ chaque année, dont 2 millions$ perdus en intérêts seulement? Imaginez ce que vous pourriez faire avec tout cet argent s'il avait payé toutes les dépenses qu'il avait créées (comme ceux avant lui le faisaient).

 

Denny O'Breham

Granby

 

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