Le beurre et l'argent du beurre

Pierre Breton, candidat libéral dans Shefford.... (Photo Alain Dion, La Voix de l'Est)

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Pierre Breton, candidat libéral dans Shefford.

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La Voix de l'Est

Monsieur Pierre Breton, conseiller municipal du district 3 et/ou Candidat pour le Parti libéral du Canada dans Shefford lors des prochaines élections

À la lecture de l'article publié dans La Voix de l'Est du 16 septembre 2015 par Marie-France Létourneau, de nombreux questionnements me vinrent en tête et c'est avec étonnement que j'ai constaté que vous aviez la mémoire très courte.

Afin de vous la remémorer, l'investiture de votre parti a eu lieu le 2 décembre 2015 et vous avez remporté la victoire, bravo. Le 19 janvier 2015, lors de la première période de questions de la séance du conseil de la Ville de Granby, je me suis présenté au micro afin de vous questionner justement sur vos intentions (à savoir si vous alliez continuer de siéger au conseil), car nous étions en présence d'une double allégeance à laquelle vous alliez devoir faire face dans les semaines à venir, étant à la fois conseiller municipal et candidat aux élections fédérales. À ce moment, c'est le maire, Monsieur Pascal Bonin, qui m'avait répondu que ce n'était pas la tribune pour une telle question et vous aviez abondé dans le même sens (je crois que vous ne vous attendiez pas à une telle question, malgré le fait que vous roulez votre bosse en politique depuis de nombreuses années...) Je n'ai pas eu la chance de vous poser ma question suivante à savoir si vous alliez conserver votre salaire d'élu. Cette réponse, je viens de l'avoir via La Voix de l'Est, mon journal local, suite à une lettre ouverte de Monsieur Pierre-Albert Morin.

Ma toute première question, je la posais en tant que citoyen de la Ville de Granby, en tant que contribuable, en tant que payeur de taxes que l'on sollicite de tout bord, tout côté et qui tente de tirer son épingle du jeu de la meilleure façon possible.

Je tiens à préciser que je ne suis ni impliqué, ni membre d'aucune formation politique que ce soit. La question de savoir si vous alliez continuer à siéger et celle concernant l'encaissement de votre salaire d'élu sont évidemment des questions politiques. Vous êtes élu démocratiquement, vous faites de la politique et par conséquent vous avez à répondre à ce type de questions et ce peu importe l'allégeance politique, l'éducation, le profil social de la personne qui vous interpelle.

Dans l'article de Madame Létourneau, vous dites «que vous n'êtes pas retiré à 100 %» de votre poste de conseiller municipal. La question se pose: à quel pourcentage vous êtes-vous retiré, Monsieur Breton? Parce que pour la presque majorité des employés salariés de ce monde, si un employé ne donne pas son 100 %, il fera l'objet d'un rappel à l'ordre de son employeur qui lui dira: «Je te paye pour que tu fasses toutes les tâches exigées!» Donc, vous ne siégez plus au conseil municipal. Probablement que vous ne siégez pas non plus sur certains, sinon tous les comités dont vous faites partie? Ce sont vos retours d'appels aux citoyens du district 3 qui justifient votre plein salaire de 31 947 $ incluant l'allocation de dépenses? On parle de combien d'heures par semaine? Une, deux, voire cinq heures?

Ayant moi-même déjà été candidat aux élections municipales, je peux vous confirmer qu'une campagne électorale c'est très exigeant et que ça se prépare longtemps à l'avance. Pendant la préparation de votre présente campagne et pendant celle-ci, lorsque vous étiez un représentant de la Ville de Granby, étiez-vous aussi un candidat aux élections fédérales ou vous vous en teniez à votre rôle d'échevin?

Vous occupez un poste d'élu municipal avec les avantages qui en découlent. Une autre question se pose alors: pourquoi avez-vous été dans «l'obligation» de revenir le temps d'une séance pour siéger au conseil de la Ville. Était-ce pour conserver votre salaire? Votre siège de conseiller? Votre allocation de transition?

Parlons de cette fameuse allocation de transition. Si vous êtes élu comme député de Shefford lors des prochaines élections, je présume que vous allez devoir démissionner de votre poste de conseiller municipal dans le district 3, car vous ne pourrez cumuler les deux fonctions. Vous allez donc recevoir votre salaire de député. Puisque ce sera une démission de votre part, allez-vous encaisser votre prime de départ comme l'a récemment fait l'ex-ministre Yves Bolduc lorsqu'il a décidé de quitter la vie politique pour ne pratiquer que la médecine? Votre situation comportant de nombreuses similitudes avec celle de Monsieur Bolduc, seriez-vous prêt à renoncer à cette allocation de transition qui n'en serait pas une dans votre cas étant donné votre nouveau rôle?

Vous voyez, c'est ce qui alimente le cynisme de la population envers la politique et les politiciens de nos jours. Si vous êtes élu et que vous encaissez votre allocation de «transition», les citoyens de la Ville de Granby auront payé votre salaire d'élu pendant que vous étiez en campagne, votre allocation de transition, une élection partielle puisque vous allez laisser votre siège de conseiller vacant et ils commenceront à vous payer pour votre nouveau rôle de député.

Ça commence à faire beaucoup d'argent vous ne trouvez pas?

Bruno Junior St-Amand

Contribuable et Résident du District 8 de la Ville de Granby

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