Ne pas appauvrir les serveurs pour accommoder les patrons

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Les restaurateurs reviennent cet été à la charge avec l'idée de modifier la Loi sur les normes du travail pour partager le pourboire du personnel affecté au service avec les cuisiniers. Voilà une proposition qui émane souvent de restaurateurs haut de gamme qui pourrait être dommageable pour des dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses au statut souvent précaire. Cela ne reflète aucunement le quotidien du serveur moyen de l'industrie.

Une telle proposition équivaut à enlever le pain de la bouche des serveurs et serveuses pour accommoder les patrons. S'il existe bel et bien un problème de recrutement des cuisiniers, c'est plutôt du côté de leurs conditions de travail et de leur salaire de base qu'il faut regarder. Précariser la situation des serveurs ne fait que déplacer le problème.

Les patrons doivent faire face à la musique et offrir un salaire qui correspond réellement à la charge de travail et aux compétences demandées. Le pourboire doit demeurer le reflet du service obtenu, et non devenir une façon alternative de financer le salaire de base.

D'aucuns, comme le propriétaire du chic Europea, avancent comme argument que le salaire moyen annuel des serveurs oscille autour de 60 000$. Nous ne fréquentons vraisemblablement pas les mêmes restaurants! Et ne foulons pas les mêmes planchers avec les bras chargés de plateaux.

En cherchant à accommoder une minorité de restaurateurs qui rechignent à monter les salaires de base pour mieux recruter, on va appauvrir toute une catégorie de travailleurs. Cela plongerait dans la misère des dizaines de milliers de serveurs et de serveuses à travers le Québec.

Déjà, il est parfois difficile de faire respecter la Loi, certains employeurs insistent en effet pour dépouiller les serveurs de leur dû. Or, en milieu non syndiqué, ceux qui osent porter plainte risquent de payer cher leur tentative de faire respecter leurs droits, certains étant remerciés pour des motifs détournés.

Les patrons doivent faire face aux véritables problèmes de l'industrie au lieu de les faire porter sur les épaules des serveurs et serveuses.

 

Jean-René Dumas,

Secrétaire-archiviste de la section locale 9400 du Syndicat des Métallos, représentant plus de 4000 travailleurs de la restauration et de l'hôtellerie

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