Priver l'école publique

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Jamais l'avenir de l'école publique n'aura été autant menacé. Aux compressions d'un milliard de dollars que les commissions scolaires ont dû éponger depuis 2010, s'ajoute maintenant une importante réforme du réseau scolaire qui ressemble de plus en plus à une privatisation de l'école publique.

Pour nous, une chose est claire, si le gouvernement va de l'avant avec sa réforme, l'école publique ne sera plus jamais la même, et ce sont les parents et les élèves qui en subiront les conséquences. Sur le plan de la démocratie, la disparition des élus scolaires est une perte de pouvoir inestimable pour les parents et la population. Avec des élus à sa tête, l'école publique appartient à la population qui peut questionner à tout moment les orientations et les choix pris par ses représentants dans la gestion des fonds publics alloués à l'éducation. Les élus scolaires sont des hommes et des femmes de tous les horizons qui font le choix de s'engager en politique pour un seul objectif: la réussite des élèves. Quelle sera la motivation des personnes nommées par le gouvernement pour remplacer les élus scolaires?

Les parents perdront au change

Si les élus scolaires disparaissaient, les parents n'auraient plus de forum pour dénoncer, par exemple, une éventuelle fermeture d'école ou la disparition d'un service comme le transport du midi. De son côté, la communauté n'aura plus de forum d'écoute et d'échanges pour présenter des projets stimulants pour le développement régional en partenariat avec l'école.

Plutôt que d'apprendre et de s'inspirer de l'expérience des autres provinces qui tiennent des élections scolaires-municipales depuis plusieurs années avec succès, le gouvernement du Québec s'entête à vouloir faire un brassage de structures sans aucun objectif clair en matière de réussite des élèves, ce qui devrait pourtant être sa motivation première.

Quant aux fusions et aux regroupements de services envisagés par le gouvernement, si l'on se fie au projet de fusions présenté par le prédécesseur du ministre Blais, le problème c'est qu'il ne s'articule autour d'aucune vision, qu'il ne répond à aucun objectif pertinent.

Le mirage de la décentralisation

Faire croire aux parents qu'une plus grande décentralisation amènerait davantage de ressources dans les écoles, c'est de la poudre aux yeux. Au contraire! Les élus scolaires ont la responsabilité de répartir équitablement les ressources sur leur territoire. Est-ce cela l'avenir de l'école publique au Québec? Souhaitons-nous que de petites écoles en milieu défavorisé ou en région éloignée aient à se battre pour obtenir des ressources?

Uniquement notre engagement profond pour la réussite des élèves nous permet d'aborder cette rentrée scolaire avec optimisme. Les décisions que s'apprête à prendre le gouvernement vont avoir un impact important sur l'avenir de l'école publique. Si vous croyez comme moi que l'éducation doit être la priorité de notre société, faites savoir au gouvernement que vous êtes contre le démantèlement de cette école accessible à tous et à toutes!

 

Josée Bouchard,

Présidente,

Fédération des commissions scolaires du Québec

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer