Prendre soin de nos trésors

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La Voix de l'Est

Grâce à Roger Lapalme, Granby accueille un Symposium international de sculptures monumentales. Sept sculpteurs venus de pays divers réalisent une oeuvre sous les yeux admiratifs des citoyens. Nous devons beaucoup à ce citoyen très impliqué.

Les formes contemporaines des oeuvres des sculpteurs nous déroutent parfois. Le philosophe Charles Pépin disait que «le beau est toujours bizarre». Aussi y a-t-il des sculptures adorées de tous et... des malaimées. Parmi ces dernières: le Dialogue avec l'histoire du sculpteur Jean-Pierre Renaud, installée dans le Vieux-Québec en 1987. C'était un don de la Ville de Paris. J'étais présent lors de son inauguration et il est vrai que son «déballage» causa une surprise et une déception chez les personnes présentes. C'était un cube blanc et froid comme nos hivers. D'aucuns ont pensé que la sculpture était dans cette belle boîte. Mais non... c'était ça la sculpture. Sous les ordres du maire Labaume, on vient de la détruire.

L'Agora, sculpture monumentale de Charles Daudelin, Place Viger à Montréal, est également une malaimée. Il faut dire qu'elle n'a jamais été terminée. On a élevé la structure de béton sans s'occuper du reste. On a créé un corps sans âme. Notre artiste voulait en faire un lieu habillé de fleurs et de verdure, un lieu convivial et vivant doté d'un café, de boutiques et où l'on aurait pu entendre et voir des artistes. Même la majestueuse fontaine Mastodo n'a été en fonction qu'un mois. Elle est brisée depuis longtemps, sans qu'on ait songé à la réparer. Son mur d'eau a toujours été à sec et est aujourd'hui laidement barricadé. En bref, l'Agora et sa fontaine, c'est un espace négligé et décrié. Un endroit à éviter.

Le maire Coderre a décidé d'abattre l'Agora et, pour faire avaler la pilule, il emploie le même argument que le maire de Québec: la sécurité. Détruire Agora et Dialogue avec l'histoire, ça constitue un affront pour deux artistes de grande renommée et pour les donateurs. Si une volonté politique était présente, revitaliser l'Agora selon les indications de Charles Daudelin, ça ne coûterait pas les 28,3 millions de dollars qu'on veut injecter pour la démolir et la remplacer par autre chose. C'est le voeu de ceux qui croient à l'importance de notre héritage culturel.

Le problème n'est pas nouveau. On érige une sculpture, souvent pour répondre aux exigences du gouvernement, puis on l'abandonne dans son coin de rue ou de parc. On la laisse vieillir, se détériorer, perdre ses attraits. C'est un appauvrissement culturel que de perdre ces trésors.

Je pense qu'à Granby, on a compris l'importance de l'entretien de nos sculptures, dont certaines sont, à mon sens, des chefs-d'oeuvre, tel le Phare de Daudelin, Côté cour, côté jardin de René L'Heureux et d'autres. Cependant, plusieurs sculptures de l'Estriade semblent être abandonnées. Espérons que celles des artistes actuellement à l'oeuvre sur la rue Principale ne subiront pas le même sort. Je signale que, malheureusement, les citoyens non cyclistes (les personnes âgées, entre autres) n'ont pas accès à la quarantaine de sculptures de l'Estriade. Que de gens de Granby, Shefford, Bromont et Waterloo n'ont jamais vu ces sculptures!

 

Émile Roberge

Granby

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