Clarté référendaire: l'enjeu du chiffre

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Bon, les choses deviennent plus claires. Au débat de jeudi dernier organisé par le magazine Maclean's à Toronto, on n'avait pas jugé important d'inviter le chef du Bloc, Gilles Duceppe. Cette absence a été particulièrement remarquée à la suite de longs échanges entre les chefs fédéralistes sur la clarté, advenant un référendum portant sur la souveraineté du Québec.

Je tire donc cinq conclusions de cet événement politique en début de campagne: 

1) Aux yeux des anglophones organisateurs du débat, le Québec-nation n'existe pas au Canada, et ce, malgré la reconnaissance par le gouvernement Harper en 2006 de la nation québécoise dans un Canada uni. Donc, tout naturellement, ils ont évacué Gilles Duceppe. 

2) Contre toute attente, d'aborder en début de campagne la question de la clarté référendaire révèle l'admission inattendue de la part des chefs que les Québécois se prononceront bientôt sur leur avenir et qu'il faut, comme fédéralistes canadiens, s'y préparer.

3) Selon Justin Trudeau, qui a introduit le sujet, advenant ce référendum, le Canada n'aurait pas l'obligation constitutionnelle de négocier les termes de la séparation si le résultat n'était que de 50% plus une voix, et ce, contrairement aux règles de la démocratie.

4) Trudeau ayant refusé de donner un chiffre à la demande de Mulcair, on ne sait toujours pas ce que serait pour lui une majorité claire. Ce chiffre devient donc un enjeu important de la campagne tant pour les Québécois que pour les Canadiens. Mulcair lui reposera-t-il la question ainsi qu'à Stephen Harper? S'il ne le fait pas, avec insistance, comme il en est capable, les Québécois douteront avec raison de sa bonne foi en défendant un résultat clair à un éventuel référendum sur la souveraineté à 50% plus une voix.

5) Mais s'il le fait et qu'il insiste, et que le chiffre d'une majorité claire ne vient toujours pas de la part de Justin Trudeau et de Stephen Harper, qui choisiront sans doute la dérobade, il faudra conclure que seul le NPD, s'il est au pouvoir au moment d'un référendum gagnant, négocierait de bonne foi, au nom du Canada, les termes d'une sécession du Québec du reste du Canada.

En terminant, si Thomas Mulcair persiste à demander ce chiffre et qu'il est élu dans le reste du Canada avec une telle position et une telle clarté, cette élection du 19 octobre marquera l'histoire comme étant celle qui aura créé auprès du Canada anglais l'ouverture pour un pacte Canada-Québec en tant que pays souverains, distincts, mais unis.

Cet enjeu du chiffre est d'une telle importance qu'il faut peut-être se réjouir maintenant d'une campagne aussi longue et qui a commencé en plein été.

 

Denis Forcier,

Shefford

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer