Le fédéralisme n'est pas la voie d'avenir du peuple québécois

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La Voix de l'Est

À mon vieil ami Jean-Roland Petit, géographe et historien retraité de l'enseignement

Cher ami,

Tu me permettras une citation un peu longue, mais explicite: «Je ne suis pas un pessimiste. Je ne suis pas un défaitiste, je suis un homme inquiet. Et je voudrais faire partager mon inquiétude, à tous mes compatriotes, et particulièrement aux sentinelles, aux veilleurs sur les remparts. Je n'ai jamais ambitionné le rôle de Cassandre. Je ne crois rien irrémédiablement perdu. Seulement je demande - et tout cela, je le demanderais à genoux, si nécessaire... Je demande qu'on cesse de servir à notre peuple, aux jeunes générations canadiennes-françaises, une éducation nationale à la dose minima. Et, tout cela, encore une fois, je le demande, parce que, à mon sens, ce n'est pas à l'heure où le navire touche l'écueil qu'on consulte sa boussole et qu'on sonde les fonds.» (Lionel Groulx, conférence du 14 septembre 1953, dans Pour bâtir, pp. 148-9)

Les trois quarts de ton long article d'opinion paru dans La Voix de l'Est du 31 juillet prouvent très bien que le fédéralisme n'est pas la voie de l'avenir pour le peuple québécois. Même ton dernier paragraphe et ton envoi final ne sont pas une meilleure solution. Laisse-moi te raconter un peu.

J'avais douze ans, en 1942, j'étais en syntaxe au Petit Séminaire de Sainte- Thérèse, devenu depuis le cégep Lionel Groulx, quand ce jour-là, j'ai eu la chance de côtoyer Lionel Groulx à l'occasion de son intronisation comme chanoine et d'assister, le même jour, en après-midi, à une de ses inoubliables conférences. Depuis ce jour, j'ai toujours gardé la conviction que nous formons un peuple distinct, retenu de force dans une fédération qui cherche à nous assimiler, afin de nous faire disparaître.

Dans les années 60, dans un sursaut de dignité et de fierté, le Québec s'est enfin pris en main. Ce fut le temps de grandes réformes. L'une des plus importantes, sinon la plus importante, (suite au rapport Parent), fut celle du ministère de l'Éducation. Tu as même eu la chance d'y faire carrière comme enseignant d'histoire et de géographie. En même temps s'est développée une force syndicale très active. Dures à contrôler comme du chiendent, les vieilles racines syndicales ont souvent ralenti et coûté très cher au nationalisme québécois. C'est peut-être une des raisons qui font que notre histoire nationale est si peu enseignée de nos jours.

Mais toi, mon vieil ami politique, tu fus des nôtres. Ta génération tout comme la mienne n'ont pas réussi à faire éclore le pays. Ce n'est pas une raison pour barrer la route à un jeune candidat prêt à ramasser et porter à nouveau le flambeau de l'indépendance.

Octogénaire avancé, je m'apprête à casser maison. J'ai donc pensé, pour agrémenter tes vieux jours, t'offrir tous les livres d'histoire de ma bibliothèque, livraison incluse.

Sans rancune. 

Jean-Pierre Forget, ex-président, PQ de Robert-Baldwin, 1974, ex-président, PQ de Shefford

Saint-Joachim-de-Shefford

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