Le fameux vote stratégique

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La Voix de l'Est

Au cours des récentes semaines, j'ai eu l'occasion de parler de politique fédérale avec différentes personnes de mon entourage. Je n'ai pas été surpris de les entendre me dire à quel point, en grande majorité, elles en ont soupé du gouvernement conservateur de Stephen Harper. J'ai toutefois été étonné par les solutions envisagées pour se débarrasser de ce gouvernement dont on dit qu'il gouverne à contre-courant des valeurs québécoises. Monsieur et madame tout le monde me parlent du fameux vote stratégique.

«J'aime bien le Bloc québécois, mais je vais voter NPD pour barrer le chemin à Harper». «Moi je n'aime pas Trudeau, mais je vais voter pour les libéraux pour sortir Harper.» Tout un chacun y va de sa propre stratégie en croyant qu'il détient la recette parfaite pour ne plus voir Stephen Harper diriger le Canada.

Et pourtant! Les Québécois ont déjà joué dans ce mauvais film pas plus tard qu'aux dernières élections en 2011. Ils ont voté en grande majorité pour le NPD et se sont pourtant retrouvés avec un gouvernement conservateur majoritaire à Ottawa avec un certain Réjean Genest, plus surpris que joyeux, comme député dans Shefford. Le vote stratégique de 2011 n'a pas fonctionné. Même si les conservateurs ont terminé au 4e rang au Québec, c'est le reste du Canada qui s'est donné le gouvernement qu'il voulait; celui de Stephen Harper. Si le vote du Québec n'a pas pesé lourd dans la balance en 2011, ce sera encore plus vrai en 2015, alors qu'il y aura pour ces élections 30 nouvelles circonscriptions, 3 de plus au Québec et 27 dans le reste du Canada. Le poids électoral du Québec dans le Canada ne fait que diminuer et qu'on se le dise, l'avenir d'une minorité s'arrêtera toujours là où la majorité décidera.

Les choix pour le 19 octobre sont donc clairs et nets. Si vous êtes fédéraliste et que vous croyez que le Québec n'est qu'une province comme les autres et que l'étiolement continu de son pouvoir ne vous dérange pas, votez, selon votre humeur du moment, pour Pierre Breton, libéral, Claire Mailhot du NPD ou Sylvie Fontaine du Parti conservateur, car c'est du pareil au même. Ces trois candidats sont interchangeables, ils font partie du bloc canadien. Vous pouvez voter pour l'un ou l'autre sans jamais avoir la garantie que son parti sera au pouvoir le 19 octobre prochain. Vous pouvez voter pour l'un ou l'autre en sachant d'avance que même si son parti prend le pouvoir, il sera un député québécois en minorité dans son caucus. Vous pouvez voter pour l'un ou l'autre en sachant d'avance qu'il sera capable de défendre les intérêts de sa circonscription et du Québec dans la limite ou cela sera acceptable et autorisé par le reste du Canada.

Maintenant, si vous êtes le moindrement autonomiste, nationaliste, souverainiste ou indépendantiste et que vous croyez que le Québec doit protéger ses acquis sociaux, sa culture, sa langue, son modèle économique, son environnement et son ouverture sur le monde, vous devez alors voter pour Jocelyn Beaudoin du Bloc québécois. Vous savez d'avance que son parti ne sera pas au pouvoir, mais vous savez aussi que peu importe qui sera au pouvoir, lui n'aura que vos intérêts et ceux du Québec à défendre sans compromis.

Oubliez donc le fameux vote stratégique et votez tout simplement avec votre tête et votre coeur. La province de Québec sera peut-être encore une fois dirigée par un gouvernement qu'elle n'aura pas élu, mais les députés du Bloc québécois seront là, au front, pour défendre nos intérêts et préparer pour un avenir rapproché la venue d'un Québec indépendant qui lui, ne sera plus jamais dirigé par un gouvernement qu'il n'aura pas élu.

 

Mario Blanchard, Président du Parti québécois de Granby

Saint-Paul-d'Abbotsford

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