Pour un référendum consultatif à Sutton

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Alors que la loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (article 517) permet au conseil d'une municipalité de soumettre, à titre consultatif, une question de sa compétence à l'ensemble des personnes habiles à voter, le conseil de Sutton a préféré s'adresser aux seules personnes de chacune des quelque 125 parties vouées au morcellement du nouveau zonage, en altitude moyenne et en zones rurales non agricoles.

Il devient clair que l'adoption du nouveau règlement de zonage n'est rien moins qu'un coup de force envers la majorité de la population de l'ancien canton, qui s'est vu imposer la fusion par le décret gouvernemental du 26 juin 2002. Un premier référendum a pourtant débouté celui de 2008.

Aujourd'hui, un commando de juristes, animés avant tout par monsieur Hill et le maire actuel (soyons réalistes), s'oppose toujours avec acharnement aux importants mouvements de protection du territoire. Quant à monsieur Bresee, malgré les apparences, il s'est la plupart du temps plié habilement à l'air du temps, de 1997 à 2005, et même en 2008, en faisant équipe avec les contestataires d'alors. 

À l'été de 2000 paraissait un intéressant ouvrage intitulé Gouvernance et territoires ruraux. On y lisait, entre autres, qu'«À l'exception de cas isolés, les municipalités rurales de villégiature haut de gamme se concentrent à l'intérieur des MRC Memphrémagog et Brome-Missisquoi». 

Dans la région de Sutton, nous ne réalisons pas suffisamment tout le sens de cette constatation. Rare cas au Québec où l'agriculture a cédé aussi allègrement à la villégiature. Le phénomène s'explique en grande partie, depuis 1960, par la présence du centre de ski et la proximité de la métropole. Au point où son patrimoine, naturel au premier chef, fait l'objet de débats, oui, mais surtout de pressions, sur la richesse bien négociable qu'il recèle. Avis aux promoteurs pressés. Notre patrimoine, unique en son genre, il faut le rappeler, est aussi régional et national que notre centre de ski. Villégiature mur à mur ou protection? Là est tout le débat. 

Lorsque l'on fantasme sur le Sutton de 2035, il faut tenir compte au premier chef de cette richesse. Connaissez-vous le Domaine Huttopia, maintenant ouvert aux usagers? Ses 10 millions$ d'investissement représentent quand même l'équivalent d'une quarantaine de nouvelles habitations, c'est-à-dire, de taxes. L'essor de notre économie et de la rentabilité municipale ne peuvent provenir que du seul développement domiciliaire. 

Conclusion: que le conseil cesse de se retrancher derrière ses arguments juridiques actuels et, avec courage, n'hésite pas à s'engager dans le processus tout aussi légal de l'article 517, celui d'un référendum consultatif, qui aura le mérite d'une consultation sérieuse et permettra enfin, soit de conclure à son acceptation, soit à son refus. 

Serge Gagné, ancien conseiller du canton et de la ville

* Gouvernance et territoires ruraux a été rédigé et publié sous la direction de Mario Carrier et Serge Côté aux Presses de l'Université du Québec

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer