Les coyotes aiment les moutons

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La Voix de l'Est

Personne ne peut nier que les coyotes aiment beaucoup les moutons: ils les pourchassent, les égorgent et les dévorent.

Il y a bien des façons d'aimer et les gouvernements imprégnés de l'idéologie néolibérale le démontrent quotidiennement depuis le début des années 1980. Au lieu de protéger les plus faibles et les plus démunis, ils les attaquent, voilà leur façon de manifester leur grand courage et leur grande détermination. Comme dans la fable du loup et de l'agneau, ils les accusent de troubler leur eau et d'être la cause des déficits budgétaires, même s'ils sont placés en aval. Et comme le loup, ils utilisent tous les mensonges et toutes les hypocrisies possibles parce qu'ils savent que «la raison du plus fort est toujours la meilleure».

On ne construit jamais l'avenir en détruisant le présent. Serrer la ceinture des personnes malades, des personnes âgées, des enfants en difficulté, des étudiants sans travail, des organismes communautaires, des organismes culturels, du monde scolaire, quelle barbarie! On crie à l'horreur devant les islamistes qui détruisent les monuments du patrimoine culturel mondial et pendant ce temps, on applaudit et on approuve la destruction barbare de nos institutions publiques par un gouvernement néolibéral québécois contrôlé par des banquiers et des spécialistes en médecine. Quelle différence y a-t-il entre les riches banquiers Médicis de la Renaissance qui possédaient 90 % des richesses et nos politiciens au coeur de pierre qui refusent obstinément d'aller chercher l'argent dans les poches des entreprises et des gens qui possèdent aussi 90 % de la richesse déjà créée?

Nous le savons tous, même si des millions sont investis pour nous laver le cerveau et nous mentir effrontément. Le problème, ce ne sont pas les dépenses, mais la perte volontaire de revenus. Comment ne pas s'indigner devant la multitude des largesses fiscales qui permettent aux grands revenus de ne jamais payer «leur juste part» et les centaines de milliards de revenus déposés dans les paradis fiscaux avec la complaisance des gouvernements et les milliards d'argent public généreusement donnés pour paver la voie à des projets d'exploitation qui détruiront la santé, l'eau, l'air, l'agriculture et dont le coût des conséquences négatives sera totalement payé par les contribuables.

Cessons de hurler avec les loups et de laisser libre cours à nos immenses et trop nombreux préjugés, résultat de notre refus de nous informer correctement. Cessons de nous accoler aux forts qui écrasent les plus faibles. Cessons de croire les mensonges et les inepties de la droite qui essaie de faire croire que la prospérité se bâtit en détruisant la fonction publique et en privilégiant les entreprises privées en santé et en éducation. Cessons de faire la promotion du principe de l'utilisateur-payeur, c'est-à-dire du principe qui veut que les riches peuvent se payer des services et que les pauvres doivent naturellement s'en priver. Cessons de nous laisser guider par une partisanerie aveugle qui ne se préoccupe absolument pas du bien commun. Sortons de la grotte de la grande noirceur et développons une conscience sociale et environnementale capable de nous conduire vers la seule vraie solution: la solidarité nationale.

André Beauregard

Shefford

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