Une piste de solution pour les institutions accros aux pilules

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La Voix de l'Est

Afin de faire suite à l'article de Mylène Moisan du 26 juin dernier intitulé Des CHSLD accros aux pilules qui dénonçait ouvertement la surutilisation de la médicamentation auprès des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs, je me permets, en tant que directrice générale de la Société Alzheimer de Granby et région, de vous présenter une piste de solution qui pourrait grandement améliorer la qualité de vie des personnes atteintes ainsi que celle de leurs proches et même celle des différents intervenants qui font partie de l'équipe des soins.

Depuis janvier 2015, dans le cadre de la formation de la Fédération Québécoise des Sociétés Alzheimer, la Société Alzheimer de Granby et région offre une formation destinée aux professionnels de la santé ainsi qu'aux gestionnaires dans les trois régions administratives suivantes: Haute-Yamaska, Brome-Missisquoi et Acton Vale.

Cette formation poursuit les objectifs suivants: dissiper les mythes et préjugés, reconnaître les signes précurseurs, les facteurs de risques et les causes de la maladie, intégrer des outils d'interventions favorisant le bien-être au quotidien, avoir une meilleure compréhension de la maladie ainsi que connaître la philosophie d'intervention du Mouvement Alzheimer: une philosophie centrée sur la personne et surtout de développer une intervention humaine et professionnelle.

Mais nous croyons également à l'importance de sensibiliser les gestionnaires à l'approche centrée sur la personne, car ce sont eux qui donnent les orientations aux personnels soignants. Nous avons une formation qui s'adresse également à eux. D'une durée de 15 heures, elle leur permet d'intégrer cette approche à la culture de leur organisation, une meilleure gestion des comportements déroutants, l'adaptation de l'environnement physique, la sélection, l'encadrement et le maintien du personnel intervenant ainsi que la prévention de leur épuisement.

Nous sommes convaincus (...) qu'investir dans une culture de soins centrée sur la personne est une solution non seulement humainement, mais rentable au plan des coûts financiers, sociaux et humains.

Il ne faut pas se leurrer. Des cas de surmédicamentation, cela existe aussi dans certaines résidences et centres d'hébergement de Granby. Lors de rencontres d'intervention, certains proches aidants nous confient leur désarroi devant l'inertie de leur proche suite à la prise de médicaments non adaptés pour eux. (...)

Si tous les milieux de vie prenaient le temps de s'asseoir avec la famille, créaient l'histoire de vie de la personne et l'affichaient sur les murs de sa chambre, tout le personnel soignant pourrait la consulter et saurait que pour Madame «X» c'est la musique de tel artiste qui apaise ses colères, que Monsieur «Y x» était habitué à déjeuner à 4 h du matin car il était cultivateur... etc. (...)

Nous croyons que plusieurs comportements déroutants pourraient ainsi être évités et donc, moins de médicamentation. (...)

Plus qu'un changement de mentalité, c'est un changement de culture qui doit s'opérer dans un avenir proche pour la qualité de vie des personnes atteintes de troubles cognitifs, de leurs proches et du personnel soignant. (...)

 

Julie Desgranges,

directrice générale, 

Société Alzheimer de Granby et région

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