Nés pour un petit pain

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La Voix de l'Est

On fait quoi, maintenant??? On attend à l'année prochaine. C'est une tradition de se dire à l'année prochaine. Encore une fois, des milliers de Québécoises et de Québécois se feront chanter la grandeur d'un pays qui ne veut pas naître, d'un pays à faire, d'un pays à construire, d'un pays en devenir (...)

Le Québec des bâtisseurs, c'est pour les livres d'histoire. C'est à croire que Louis Hémon avait une prémonition dans son roman Maria Chapdeleine en rendant l'expression «nés pour un petit pain» populaire aux Canadiens-Français de l'époque. Tout comme Maria, la population du Québec semble s'inscrire dans la résignation perpétuelle: immobile, traditionnelle. La population du Québec s'incarne dans la personnalité de François Paradis qui maria Maria: coureur des bois et épris de grands espaces. La population se dit innovatrice pourvu que rien ne change. La population a fait une Révolution tranquille, mais remet en question son modèle cinquante ans plus tard. Au fil de temps, elle a intégré ce que nous criaient allègrement nos chauffeurs de tramways de jadis: avancez en arrière.

En 1960, Jean Lesage déclarait: il faut rendre au peuple du Québec ce qui appartient au peuple du Québec... Et ça presse, demain il sera trop tard. C'est maintenant ou jamais que nous serons maîtres chez nous. Le «c'est le temps que ça change», c'est pour l'année prochaine. Une prochaine fois, nous disait René Lévesque le 20 mai 1980. Tous les Vigneault, Deschamps, Bélanger, Diouf, Boulay et tous les autres d'ici là reviendront nous chanter les grandeurs du Québec: 8 millions d'étoiles qui scintillent le 24 juin et qui s'éteignent le reste de l'année. Nous nous applaudirons, tout contents de ce que nous sommes jusqu'à l'année prochaine.

Des Plaines d'Abraham à Québec au parc Maisonneuve à Montréal en passant par toutes les villes et tous les villages du Québec, nous nous ferons accroire le 24 juin que le Québec est un pays pour les 24 prochaines heures.

Dans les 364 jours suivants, des bonhommes 7 heures ne cesseront pas de nous répéter que Québec ne doit pas, ne peut pas, ne survivra pas à être un pays.

Il y a 193 pays indépendants qui sont représentés à l'ONU. La plupart de ces pays sont plus petits, moins populeux, moins riches que le Québec. Mais au dire des tenants du statu quo, le Québec ne doit pas, ne peut pas, ne survivra pas à être un pays. Le Québec ne peut pas être le 194e pays à avoir un siège à l'ONU.

Répétons-le pour une 10e fois; un Québec indépendant serait au 17e rang pour la superficie de son territoire (1 667 926 km carrés); au 94e rang au chapitre de la population (plus de 8 millions); en 49e place pour le produit intérieur brut total; en 27e position pour le produit intérieur brut par habitant; au 44e rang comme exportateur de biens et services sur les marchés internationaux. Vous conviendrez qu'il y a pire ailleurs sur notre bonne vieille planète.

Un jour ou l'autre, la population du Québec en prendra conscience et cette année-là, le 24 juin sera vraiment la Fête nationale d'un Québec indépendant. Ce jour-là, les descendants des Vigneault, Deschamps, Bélanger, Diouf, Boulay et tous les autres pourront nous chanter les grandeurs du Québec.

D'ici là, le Québec (la Nouvelle-France en 1760) a été conquis par les armes et sans l'approbation de sa population et est une province du Canada depuis 1867 et notre chef d'État est la Reine d'Angleterre: God save the Queen.

 

Happy birthday Canada, le 1er juillet, il aura 148 ans.

 

 

Bernard Fournelle

Granby

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