Un recul majeur dans la lutte à l'itinérance en Haute-Yamaska

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La Voix de l'Est

Monsieur le premier ministre du Canada,

Le Comité itinérance du Groupe actions solutions pauvreté (GASP) a rappelé publiquement à maintes reprises l'importance de soutenir les interventions adaptées aux sans-abri ou aux personnes à risque de l'être afin de répondre adéquatement à un phénomène qui s'accroît, se diversifie et se complexifie depuis plusieurs années dans notre région. La semaine dernière, la maison d'Hébergement Le Passant recevait une triste nouvelle: la fin du financement fédéral issu de la Stratégie de partenariats de lutte à l'itinérance (SPLI).

La SPLI constitue un programme particulièrement précieux en ce qu'elle permet, d'une part, une diversité d'interventions, soutenant au Québec plus de 300 postes en intervention: travail de rue, accompagnement et accueil. Localement, la SPLI a notamment contribué à la consolidation de la ressource Le Passant, située à Granby, qui a ainsi pu augmenter son nombre de lits d'urgence de 17 à 28, lui permettant de répondre au nombre de demandes en croissance ces dernières années. De plus, grâce au financement de la SPLI, une entente entre le Passant et l'organisme Entr'elles rendait disponible les intervenants pour un service dédié aux femmes en difficulté. Ainsi, depuis 2011, l'organisme a accepté 300 demandes supplémentaires d'hommes vivant des difficultés par année qui étaient auparavant refusées faute de places disponibles en plus de venir annuellement en aide à 88 femmes hébergées. Pourtant, cette intervention, répondant à deux priorités locales (consolidation des services existants et accueil de nuit), recevait un appui unanime des intervenants locaux.

Notre ville-centre, qui n'a jamais été considérée comme une zone critique où sévit l'itinérance (zone désignée), n'a donc jamais reçu un financement adéquat du fédéral à l'instar d'autres villes. La fin de ce financement à la maison Le Passant représente un recul majeur pour Granby en matière de lutte à l'itinérance puisqu'elle se trouve évacuée du soutien d'Ottawa. Cette ville qui recevait déjà peu de soutien du fédéral en itinérance n'en reçoit désormais plus un sou.

Pourtant les besoins y sont criants. Par exemple, la Halte-Crise d'Entr'elles a noté une augmentation de 60 % de sa clientèle itinérante depuis un an seulement alors que les demandes d'aide alimentaire chez SOS Dépannage ont augmenté également de près de 60 % entre 2011 et 2014! Les résidents de la région qui se retrouvent en grande difficulté devront se retourner vers le CLSC et l'hôpital et viendront ainsi engorger un réseau qui est déjà saturé ou bien devront se déraciner de la région afin d'aller chercher de l'aide vers les grands centres. Des difficultés personnelles et des coûts sociaux importants en découleront.

Le Comité itinérance du GASP est inquiet de la fin de ce financement et appelle le premier ministre du Canada à revoir sa décision en regard de l'impact de ses orientations dans notre région.

 

Nicolas Luppens

Au nom du Comité itinérance du GASP

Granby

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