Le Québec doit redevenir un leader antitabac

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La Voix de l'Est

Il y a dix ans, soit le 16 juin 2005, les élus votaient la révision de la Loi sur le tabac, pilotée par Philippe Couillard, alors ministre de la Santé. Le Québec faisait preuve d'un leadership exceptionnellement courageux. L'interdiction de fumer dans les bars et les restaurants, et le resserrement des règles sur la vente du tabac avaient fait de cette révision un exemple d'avant-gardisme et d'audace. Le Québec était un leader dans la lutte contre le tabagisme. Dix ans plus tard, nous faisons piètre figure: on attend toujours l'adoption d'une nouvelle loi. Le Québec doit reprendre sa place de leader, et ce, au plus vite.

Nous croyons que la révision de la loi qui est présentement à l'agenda est l'occasion parfaite pour retrouver notre statut de chef de file en allant au-delà du projet de loi présenté par la ministre de la Santé publique, Lucie Charlebois.

Oui, ce projet de loi prévoit l'encadrement de la cigarette électronique, l'interdiction de toutes les saveurs et l'interdiction de fumer dans les voitures en présence de jeunes de moins de 16 ans. C'est une excellente nouvelle, mais il en faut plus pour être de nouveau des meneurs. La loi du Québec n'est même pas votée que déjà, l'Ontario, l'Alberta, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, l'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse ont adopté des mesures plus progressistes que celles proposées ici. Au Québec, soyons innovateurs et avant-gardistes: donnons-nous la meilleure Loi sur le tabac possible.

Heureusement, il n'est pas trop tard pour rectifier le tir et bonifier le projet de loi de Mme Charlebois pour que le Québec soit un réel leader. N'êtes-vous pas choqués de voir des jeunes posséder des paquets de cigarettes qui ressemblent à des bâtons de rouge à lèvres? Il faut donc y inclure des mesures relatives à l'emballage, comme l'emballage neutre et standardisé. Ça éviterait ainsi que les jeunes mettent la main sur des paquets de cigarettes attrayants. Avec un tel emballage, le tabac serait vendu sous une forme qui reflète sa vraie nature: un produit qui tue un utilisateur sur deux. Inspirons-nous de l'Australie, de la France, du Royaume-Uni et de l'Irlande qui ont tous adopté cette mesure. Soyons des leaders nord-américains et faisons baisser d'abord l'intérêt pour le tabac, puis notre taux de tabagisme.

Ce qui devrait guider la lutte contre le tabagisme, c'est la préservation de la santé des jeunes. Ils représentent à eux seuls la survie de l'industrie du tabac, et les cigarettiers l'ont bien compris. C'est pourquoi ils mettent tant d'efforts à cibler des jeunes avec des emballages tape-à-l'oeil et avec des saveurs comme la menthe, la fraise et le chocolat. Pour eux, un jeune client accro au tabac est un client pour la vie. Leur stratégie fonctionne: près du quart des élèves de cinquième secondaire fument. Et c'est en moyenne en première secondaire, à l'âge de 13 ans, que les jeunes Québécois s'initient au tabac. Il faut freiner et arrêter cette tendance de multiplication fulgurante de fumeurs. Il faut se doter au plus vite d'une Loi sur le tabac forte, ambitieuse et visionnaire qui redonnerait au Québec son statut de chef de file en matière de santé publique.

 

Bianca Bourdeau et Olivier Bruchesi,

jeunes militants antitabac

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