Un bâtisseur visionnaire québécois

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Le décès de Monsieur Jacques Parizeau a permis de retracer le parcours tout à fait remarquable de ce grand Québécois. Nous le savons, « Monsieur » n'a pas été un destructeur de pays, mais, un bâtisseur absolument génial. Il a été un géant, non pas par la force qui écrase le peuple, mais par sa grandeur qui a dynamisé tout un peuple. Il a été avec Jean Lesage et René Lévesque au coeur du développement d'un État québécois moderne et dynamique. Avec eux, il a permis aux Québécois de vivre les années les plus glorieuses de l'Histoire du Québec.

Depuis quelques années, le peuple québécois a été endormi et empoisonné par une définition falsifiée de l'économie: le néolibéralisme. Nous avions à choisir entre un État qui partage sa richesse avec ses citoyens et un Marché qui concentre la richesse pour lui-même. Nous avons choisi aveuglément la destruction brutale des fruits de la révolution tranquille: la destruction de sa solidarité sociale, féministe et syndicale; la destruction de son éducation primaire, secondaire, collégiale et universitaire; la destruction de son environnement agricole, forestier et maritime. Le décès de cet homme politique et de ce chef d'État ne fait que marquer davantage le retour du Québec vers le statut d'une province affaiblie, d'une province comme les autres, d'une province canadienne sans âme. Le Québec que l'on détruit pierre par pierre léguera aux prochaines générations la pérennité de la pauvreté et les ruines d'une société appelée naguère à un brillant avenir.

 Un pan de la fierté québécoise disparaît aujourd'hui. Une page glorieuse du Québec disparaît à jamais.

Comme dirait Shakespeare, ces hommes qui aimaient les Québécois et les Québécoises auraient-ils pris le peuple québécois pour plus grand qu'il ne l'est? Tristement, ils l'ont vu fouler au pied un trésor, le trésor de sa propre souveraineté. Et pourtant depuis des siècles, de multiples nations ont vu des milliers d'hommes et de femmes donner leur vie pour protéger ce trésor inestimable. Depuis la dernière guerre, des centaines de nations ont acquis ce bien précieux qu'est la souveraineté nationale.

 Le 24 juin de chaque année, que célèbre le peuple québécois? La fête nationale de quelle nation? Un peuple sans souveraineté politique est-il vraiment une nation? Un pays en perpétuelle négociation dans un cadre fédératif cadenassé peut-il se considérer vraiment comme une nation? Une société distincte qui n'est pas maître chez elle peut-elle s'affirmer comme nation?

Jean Lesage, René Lévesque et Jacques Parizeau ont tant désiré faire de nous non pas un peuple porteur d'eau, mais un peuple libre et souverain porteur de grandes valeurs sociales et démocrates appuyées sur une solidarité nationale à toute épreuve. Ce rêve est-il disparu? NON. La preuve est simple: à toutes les élections québécoises, le vote se divise automatiquement entre les souverainistes, les anti-souverainistes et les nationalistes mous.

Merci à vous, Monsieur, d'avoir eu le courage de mettre vos forces et votre grande intelligence au service du peuple québécois, un peuple qui, un jour, nous l'espérons, volera de ses propres ailes à titre de nation souveraine.

 

André Beauregard

Shefford

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer