Pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre

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La Voix de l'Est

Des feux de forêt dans son Alberta, des inondations dans l'Ouest américain et notre Canadian Prime minister n'y voie rien d'anormal. Pour lui les conséquences du réchauffement climatique ne sont qu'une fiction inventée par des scientifiques. Des îles disparaîtront des océans, c'est une fiction. Le Canada subit plus de tornades que dans le passé, c'est une fiction. Les rives du golfe Saint-Laurent s'érodent, c'est une fiction. Il y a plus d'ouragans, c'est aussi une fiction.

Pour nous tous, sa présence comme premier ministre du Canada n'est pas une fiction: il est le locataire du 24, Promenade Sussex à Ottawa jusqu'au 18 octobre 2015. Vivement un changement de locataire.

Le protocole de Kyoto en 1997, les conférences de Copenhague en 2009, et de Paris à la fin de 2015 sur le climat ne sont que des joujoux pour satisfaire les élucubrations des scientifiques.

Les cibles avancées par le gouvernement Harper pour la conférence de Paris sont critiquées par tous les experts. Que cela ne tienne, notre Canadian Prime minister en fait ses objectifs et les objectifs de tous les Canadiens. Pour lui, les gaz bitumineux, les oléoducs sont bons pour l'économie, alors c'est bon pour le mieux-être de la population. L'économie verte, ce n'est pas sa tasse de thé. Le Canada est le septième pays le plus pollueur du monde. Les Canadiens sont des pollueurs avec 17,3 tonnes de C02 par habitant. Les Chinois trônent au premier rang. Pour le Canada, c'est une augmentation de 32,5 % depuis 1990. Que cela ne tienne, les gaz bitumineux, les oléoducs, c'est bon pour l'économie. Les émissions de dioxyde de carbone, c'est une fiction. Pour notre Canadian Prime minister, ce sont les provinces qui sont les responsables de la pauvre performance canadienne. Son Alberta avec son pétrole sale et l'Ontario sont les provinces les plus polluantes. Les vents de l'Ouest soufflant vers le Québec, que cela ne tienne, c'est bon pour l'économie. Pourquoi se gêner? Le fleuve Saint-Laurent sera dorénavant l'autoroute du pétrole de l'Alberta. La population n'a pas de quoi s'inquiéter: il ne faut pas s'énerver pour quelques bélougas. L'économie prime.

Notre Canadian Prime minister se prend pour la Voix, la Vérité, la Vie. Il se réincarne et se prend pour le sauveur de son Canada. Il se voit plus grand que nature. Mais il n'entend rien, ne voit rien, mais il sait ce qui est bon pour nous. Il a le reniement facile et rapide: Kyoto: out; Copenhague: out; Paris: out. Brian Mulroney, Jean Chrétien furent ont combattu les changements climatiques, mais selon la théorie de Monsieur Harper, ils ont nui à l'économie de son Canada.

Son Alberta est assise sur une réserve de pétrole, il faut rentabiliser cette manne céleste. Et les Chinois ont un besoin de ce pétrole pour continuer à polluer la planète: entre pollueurs le marché est vite conclu. Et les États-Unis en auront aussi besoin dans les prochaines années. Alors en avant les pipelines.

C'est bon pour l'économie, sauf que les profits vont dans les poches des pétrolières et non dans les poches des citoyens. Et les feux de forêt en Alberta, les pompiers s'en occupent. Et les îles qui disparaissent, les tornades, les typhons, les ouragans, l'érosion des rives, c'est de la fiction. Vivement un nouveau locataire qui entend et qui écoute au 24, Promenade Sussex.

 

Bernard Fournelle,

Granby

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