Un 20 mai 1980, je me souviens

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

Ce jour est inscrit à tout jamais dans l'Histoire du Québec. La population s'est dit NON une première fois pour que le Québec devienne un pays.

La population s'est fait dire par les sirènes du fédéraliste qu'un NON voulait dire OUI à de probables changements, à une nouvelle définition de ce que sera le Canada et la population a cru à ces belles promesses. Trente-cinq ans plus tard, cette même population est toujours en attente, cette même population espère toujours et, en prime, cette même population a un Canadian Prime Minister qui façonne son Canada selon une idéologie qui ne rejoint nullement la population québécoise. Qui plus est, elle se retrouve avec un premier ministre du Québec qui ne voit pas d'autres solutions pour le Québec que celle d'être dans la Confédération canadienne. Un peu plus, notre Philippe Couillard, reprendrait le dossier des cinq conditions de Robert Bourassa: 1) la reconnaissance du Québec comme société distincte au sein du Canada; 2) l'élargissement du droit de véto des provinces sur les modifications constitutionnelles; 3) l'élargissement des compétences des provinces en matière d'immigration; 4) le droit pour une province qui choisit de ne pas participer à un programme du gouvernement fédéral d'obtenir une compensation financière; 5) l'obligation pour le gouvernement fédéral de consulter les provinces sur les nominations au Sénat et à la Cour suprême.

L'ultime tentative de Robert Bourassa et le beau risque de René Lévesque ont foiré sur les rives du Lac Meech.

Le 30 octobre 1995, Jacques Parizeau n'a pas mieux réussi. La population se disant NON pour une deuxième fois: 49,42 pour le OUI - 50,58 pour le NON. 1.16% d'écart.

Face a ce référendum, le Canada s'est aperçu qu'il n'avait plus rien à offrir et a pris peur. Le Canada a-t-il déjà eu quelques choses à offrir? Les Québécois se sont faits dire de continuer à rester dociles et de se laisser acheter par le Canada, comme dans le passé, comme dans le présent, comme pour toujours. Prostituons-nous parce que c'est payant! En retour, le Canada continuera à saupoudrer des miettes au Québec. Et la population continue à jouer la putain.

Après Meech, il y a eu Charlottetown. L'entente de Charlottetown fut désavouée par la population du Québec et du Canada. Trente-cinq ans plus tard, il n'y a rien de nouveau sous le soleil canadien: tout est à refaire. Le Québec fait toujours le trottoir et Stephen Harper sait qu'il peut être le premier ministre de SON Canada sans l'appui de la population québécoise même s'il affirme que Samuel de Champlain est le Père fondateur de SON Canada: il écrit SON histoire bien à lui. Il souligne pompeusement la Guerre de 1812 en tentant de nous convaincre de l'importance historique de cet affrontement, mais il passe sous silence la Rébellion de 1837, il fête le 18 mai, le règne de la Reine Victoria et non la Journée des Patriotes: deux pays, deux histoires, deux langues, deux cultures, deux réalités bien distinctes.

Souvenons-nous de la déclaration faite par Robert Bourassa le 22 juin 1990: «Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement». Souhaitons-nous meilleure chance la prochaine fois.

Bernard Fournelle, Granby

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer