Parc Brunet: respecter les donateurs

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La Voix de l'Est

En 2009, la ville de Granby décida de changer la vocation du parc Richelieu en terrain industriel. Il y avait un hic: le terrain avait été donné par l'ancien maire et homme d'affaires Horace Boivin avec la condition que le terrain devait garder une fonction publique.

Horace Boivin étant décédé depuis 1994, le maire avait rencontré sa femme - son héritière - pour lui demander la permission de changer la vocation du terrain. En échange, la ville nommera le boisé Miner «parc écologique Pierre-Horace Boivin». Les parties se sont entendues.

En 2010, la Ville entreprend le même genre de négociations pour le parc Brunet. Ce parc a été donné en 1976 par M. Poulin avec une servitude disant que la Ville «ne pourra utiliser ledit immeuble comme parc d'amusement, terrain de jeux, centre sportif, terrain de camping, etc.»; seulement pour un parc de repos. M. Poulin tient à ses droits et aucune entente n'est conclue. Moins d'un an plus tard, M. Poulin décède.

À peine le corps refroidi, la ville prévoit faire des travaux dans le parc. Mise au courant, l'héritière de M. Poulin entreprend des discussions avec la Ville, mais aucune entente ne sera conclue. En 2012, la Ville entame des travaux dans le parc Brunet. L'héritière de M. Poulin devra s'adresser aux tribunaux pour faire cesser les travaux.

Le pire c'est que l'argument principal de la Ville en cour sera que, puisque M. Poulin est décédé, la Ville n'a plus d'obligation, et ce malgré que le contrat utilise clairement les mots «servitude» et «perpétuité». Le juge dira que cette position juridique «est dénuée de tout fondement juridique». Le jugement notera aussi que la «Ville a agi de manière non avisée», «aurait pu procéder de façon plus civilisée» et qualifiera sa façon d'agir comme étant «à certains égards un peu choquante».

Aujourd'hui, la Ville décide d'aller en appel. Pour faire respecter leurs droits, les héritiers de M. Poulin ont déjà dépensé plus de 18 000$ selon le jugement.

Pourquoi est-ce que la Ville reconnaissait qu'elle devait avoir l'accord des héritiers en ce qui concerne le parc Richelieu pour procéder à des changements au contrat et qu'elle agit de façon si cavalière avec ceux du parc Brunet?

On parle souvent de solidarité et des coûts élevés reliés aux dépenses municipales. Si la Ville accepte des dons de la part de citoyens, décide de ne pas respecter ses engagements par la suite et ainsi forcer ces derniers ou leurs héritiers à utiliser la voie des tribunaux, croyez-vous qu'il y aura d'autres donateurs qui suivront?

Cet entêtement de la part de la Ville est un comportement indigne et je ne comprends pas que personne au conseil n'intervienne. Peut-être que le conseil de 1976 n'aurait pas dû accepter cette entente, peut-être que les conseils subséquents auraient dû prévoir plus de terrains de jeux alors que le développement s'intensifiait. Peu importe, ce n'est pas aux citoyens qui ont su négocier de bons contrats à en payer le prix. Surtout que ce parc ne constitue pas une perte pour la Ville: il y a des avantages à avoir des parcs de repos. Si le besoin d'un terrain de jeux est là, prenez l'argent que vous dépensez en avocat et achetez un autre terrain.

Denny O'Breham, Granby

 

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