Mayday, Mayday, Mayday : détournement de fonds en cours!

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La Voix de l'Est

À l'avance, je vous prie de me pardonner de vous faire connaître à nouveau un autre profond malaise, qu'il m'est impossible de taire, face à la décision annoncée dans le dernier budget fédéral de piger dans la Caisse d'assurance-chômage 2 milliards de dollars pour éviter un budget déficitaire cette année. Comment doit-on réagir face à cette décision du Gouvernement fédéral de détourner les fonds de la Caisse d'assurance-chômage de la mission pour laquelle ils étaient destinés? Si cette décision est légale, est-elle pour autant légitime? Si une personne agissait ainsi vis-à-vis les avoirs d'une tierce personne, ne serait-elle pas poursuivie pour détournement de fonds? Il apparaît évident que ce sont les chômeuses et les chômeurs qui en subiront les préjudices. Je trouve triste qu'une telle mesure se fasse sur le dos des personnes qui vivent une épreuve qui a de grandes conséquences dans la vie quotidienne, à savoir la perte d'un emploi.

Est-il nécessaire de rappeler que la raison d'être de la Caisse d'assurance-chômage consiste à lutter contre l'appauvrissement, plus spécifiquement à l'égard des travailleuses et travailleurs lors de pertes d'emploi. Ce n'est certainement pas en augmentant la précarité des personnes vivant une telle situation que l'on rend service à la collectivité. Pensons seulement aux dommages collatéraux qui peuvent en résulter, tant au niveau de la vie personnelle, qu'au niveau des familles. Suite à la ponction de cet apport financier provenant de la Caisse d'assurance-chômage, le Gouvernement aura le prétexte idéal pour revoir à la baisse l'admissibilité aux prestations ou encore d'amender le régime limitant inévitablement les prestations d'une façon ou d'une autre. Je ne peux vraiment pas partager cette vision qui a pour effet de marginaliser davantage les personnes vivant une perte d'emploi, d'autant plus que le régime était avant cette ponction forcée suffisamment en santé financière afin d'accomplir pleinement la mission pour laquelle il existe.

Toute décision a des conséquences, j'en suis conscient. Mais ce n'est pas en déshabillant Jacques qu'on doit habiller Jean. Le budget d'un pays doit-il se faire sur le dos de ceux et celles qui doivent envisager la cessation de tout revenu pendant une certaine période donnée de leur vie? Ne serait-il pas plus pertinent d'exiger des grandes banques de faire davantage leur part pour le bien de la société que de viser des personnes qui vivent déjà une situation qui augmente leur précarité et leur difficulté à rejoindre les deux bouts dans les gestions de leur budget personnel?

 

Claude Lamoureux, prètre-curé

Granby

 

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