Perdre à 52% ?

La Voix de l'Est

Le samedi 4 avril, je me suis rendu à la cabane à sucre La Grillade à Saint-Alphonse près de Granby, pour y saluer Pierre Karl Péladeau.

. Ce qui fut possible malgré la cohue sur place faite de sympathisants souverainistes et de très nombreuses familles venues dîner en ce samedi de Pâques. Son arrivée, accompagné de Julie et de ses enfants, marquée par lumières et caméras, suscita l'enthousiasme de plusieurs personnes. Plein de gens se sont fait photographier à leurs côtés, bénéficiant de leur sourire et de leur simplicité. Et au travers ce manège se glissèrent des poignées de main, accompagnées en général de propos courts, tantôt empreints de complicité, tantôt soufflés à l'oreille ou simplement aimables à l'endroit d'un PKP fort complaisant. Moi, un peu à l'écart, j'attendais un petit relâchement de ces bonnes manières pour lui faire part d'un message. Il l'a senti et s'est avancé pour me serrer la main.

Alors, j'en ai profité pour le remercier d'être venu en politique non pas pour faire de la politique, mais d'abord pour faire un pays. J'ajoutai que son arrivée constituait pour le peuple un rempart contre la peur du changement et que c'était drôlement bienvenu. Pressé de toutes parts et s'apprêtant à me remercier, je l'interrompis pour ajouter rapidement ceci: oui monsieur Péladeau, mais ça prend un deuxième rempart. Intrigué, il se remit à l'écoute. J'ajoutai que, selon moi, il serait souhaitable qu'avant la fin de la course, pour éviter que le parti ne se déchire éventuellement à nouveau sur cette question, les cinq candidats (e) s'entendent sur le comment de l'indépendance, donc: 1) déterminer le moment du référendum 2) annoncer la question 3) établir le Oui gagnant à 55 %. Aussitôt ce troisième point énoncé, sans que j'aie eu vraiment le temps de lui dire que ces trois items seraient de nature à créer une grande sécurité psychologique et politique, il m'interrompit et me répondit sur-le-champ.

Vous savez, dit-il, en tournée, je peux constater que les gens ne veulent pas entendre parler du comment, mais souhaitent plutôt qu'on parle du pourquoi de l'indépendance. De plus, vous n'y pensez pas, qu'arriverait-il si on adoptait votre proposition, et que le résultat du référendum était de 52 %? Un peu pris de court, je répondis qu'avec ce résultat, bien sûr décevant, il serait quand même plus facile de reprendre plus tard ce référendum, mais je sentis que son écoute n'était plus tout à fait là, et c'était compréhensible, beaucoup de gens souhaitaient encore avoir un moment avec lui avant de faire la file pour le dîner, file qui s'allongeait de plus en plus. Je le remerciai donc et lui souhaitai bonne chance.

Mais j'aurais aimé ajouter cet argument: monsieur Péladeau, mettre la barre à 55 %, ne serait-ce pas l'occasion de démontrer au Canada et au monde que les Québécois souhaitent se donner un pays uni, un objectif, selon moi, de nature à augmenter considérablement le Oui, peut-être même au-delà des 55 % sous votre leadersphip?

- Denis Forcier

Shefford

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