L'avocat de la défense et ses contradictions

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La Voix de l'Est

Je désire réagir aux articles de M. Pascal Faucher, «Une victime aurait été leurrée par un cadeau» et «Agressée à 8 ans» publiés dans La Voix de l'Est des 12 et 13 mars 2015.

Les contradictions rapportées pourraient laisser présager un manque d'objectivité journalistique. Je sais qu'un accusé est présumé innocent jusqu'à preuve du contraire, mais j'ai perçu dans ces articles que l'on faisait le procès de la victime... du moins de sa crédibilité.

12 mars: l'une des contradictions mentionnées est celle que l'une des présumées victimes a d'abord déclaré à la police que l'agression s'est déroulée dans le salon pour finalement dire qu'elle a eu lieu dans la chambre à coucher de Jean Boissonneault.

À mon avis, il n'y a aucune incohérence. M. Boissonneault se serait déshabillé dans le salon et aurait commencé à lui faire des attouchements - et non des «caresses» - dans cette pièce. Point final. Déjà, à ce stade, nous pouvons parler d'une agression sexuelle. Il n'est pas nécessaire qu'il y ait pénétration pour qu'un acte soit considéré comme une agression sexuelle. Le fait qu'il l'ait emmenée par la suite dans la chambre et qu'il y ait eu d'autres actes sexuels n'est pas déterminant.

Les doutes concernant le consentement, en nommant que la victime a protesté sans succès, ne s'est pas débattue et a figé, encouragent les lecteurs à cultiver des préjugés. Parce que l'agresseur passe outre ces manifestations non verbales, qu'il connaît pourtant instinctivement, cela fait de l'agression sexuelle un acte violent. Elle ne voulait pas, mais elle ne s'est pas opposée suffisamment et totalement, penseront certains... Cela est une grave erreur; celle d'une société qui ne protège pas collectivement les victimes.

13 mars: le journaliste a rapporté que l'une des présumées victimes n'avait parlé à personne de l'agression et qu'elle avait gardé un comportement normal pendant les jours qui ont suivi. La honte et les mécanismes de défense des victimes sont des conséquences courantes tout comme avoir des souvenirs flous. Qui arriverait à vivre une intrusion si personnelle et réussirait à se centrer sur l'aménagement de la pièce, la couleur des vêtements et la position exacte de l'agresseur?

À lire les récits, remplis de détails, et les questions qui sont posées en cour, on en oublie presque que les jeunes filles n'avaient que 8 et 12 ans au moment des gestes rapportés.

J'aurais aimé que le journaliste accorde le même traitement de l'information aux propos et aux réponses de la Couronne qu'à celui de la défense. Par sa plume et dans sa manière de rapporter les faits, il contribue à la déresponsabilisation des agressions sexuelles, et ce, au détriment des victimes qui dévoilent ou qui voudront signaler des actes posés à leur égard.

Avec un tel traitement journalistique, comment encourager la dénonciation de la violence sexuelle?

 

Aline Fredette

Granby

Réponse du journaliste Pascal Faucher

Bonjour Mme Fredette,

Lors d'un procès, je me dois de rapporter les versions et arguments des deux parties, sans prendre position. Je précise aussi que la Couronne ne s'est pas exprimée à ce stade. Et loin de moi l'idée de banaliser les agressions sexuelles.

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