Mettre à l'essai un modèle de laïcité évolutif

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La Voix de l'Est

Au risque de passer pour un hétérodoxe de la laïcité, je soutiens que le régime de laïcité souhaité par 51% des Québécois (La Presse, 21 février) et juridiquement contraignant, comportant des interdits pour les personnes, n'est pas politiquement possible pour l'instant. Je propose donc qu'un consensus soit recherché et éventuellement trouvé autour d'un régime de laïcité moralement et éthiquement contraignant exclusivement, et qu'il soit mis à l'essai. On n'a rien à perdre à expérimenter un tel modèle basé sur la confiance et, de ce fait, nécessairement évolutif. À cet effet, je suggère l'approche suivante en cinq étapes, assortie d'une formule de dialogue possible pour y arriver:

1) Par une proclamation unanime de l'Assemblée nationale, laïciser l'État québécois et toutes les institutions publiques.

2) Préciser que cette laïcisation ne crée pas l'interdiction du port de signes religieux laissant le visage découvert ni l'interdiction de la présence d'objets religieux.

3) Préciser que cette laïcisation signifie cependant que tout objet, tout signe ou tout vêtement religieux portés par des personnes est, dans l'espace laïque, désactivé de toute signification culturelle pour ne conserver qu'une signification patrimoniale, personnelle ou collective. Et que la célébration respectueuse et occasionnelle de la valeur de ces patrimoines n'est pas non plus interdite.

4) Préciser que cette laïcisation signifie que dans l'espace laïque, tout accommodement religieux pour le personnel ou rituel religieux personnel n'a pas sa place - par exemple, un local de prières, une prière ou un signe de croix, etc.

5) Préciser que cette laïcisation, sans l'interdiction des signes religieux, sera chaque année, par exemple le 7 avril, célébrée à titre de contrat moral entre Québécois et qu'il sera suggéré, pour cette journée, à tous les personnels de laisser volontairement à la maison tout signe religieux, ceci pour démontrer le sens premier de la laïcité à la québécoise, à savoir que dans l'espace laïque l'identité citoyenne et la liberté de conscience sont premières et que c'est le choix collectif des Québécois.

En conclusion, la formule de dialogue pour arriver à un tel consensus devrait, à ce moment-ci, être une formule citoyenne. Citoyenne dans le sens où, par exemple, je souhaiterais que le maire de Montréal, Denis Coderre, prenne l'initiative d'organiser un forum de tous les leaders religieux et autres, concernés par la laïcité, pour identifier, à partir de ma proposition, un modèle qui soit rassembleur pour sa ville; et que la député et chef de Québec solidaire fasse la même opération auprès des femmes, pour qu'elles trouvent dans la laïcité une protection supplémentaire contre l'intégrisme radical, voire violent. Et, finalement, que les résultats de ces deux forums soient présentés au gouvernement du Québec dont le rôle serait de poursuivre le dialogue par d'autres consultations, au besoin, pour harmoniser les propositions présentées dans le but d'incorporer un modèle consensuel de laïcité au projet de loi déjà annoncé pour le mois de juin.

Denis Forcier

Shefford 

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