Un devoir de beauté

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La Voix de l'Est

Au moment de la présentation du «complexe aquatique», La Voix de l'Est rapportait les propos d'un citoyen qui avait émis des réserves sur l'allure du bâtiment, le comparant à un «bunker». Pascal Bonin aurait rétorqué que «le but, c'est que ça soit fonctionnel et durable. Ce n'est pas le Taj Mahal».

Comme l'a écrit M. Marc Gendron, «le projet tel qu'il est n'a pas que des allures de piscine municipale, mais plutôt de centre aquatique régional» et comme le rappelait M. Émile Roberge, «la piscine est l'un des lieux les plus fréquentés par nos citoyens, jeunes et adultes».

Que la sphère de la beauté et de l'esthétique soit aussi cavalièrement mise au ban par le p'tit gars en «jeans» apparaît comme une fronde à la face des citoyens et citoyennes de Granby et de la région. Ces propos désinvoltes démontrent la totale incompréhension de la place non seulement importante, mais vitale de la beauté dans la vie des Humains.

L'Histoire de nos municipalités illustre combien nos ancêtres accordaient de l'importance à la beauté et même à la splendeur de nos bâtiments publics, que ce soient les anciens Bureaux de Poste ou les églises comme l'église Notre Dame. On comparaît certaines églises aux châteaux de la Loire, pour lesquels la France consacre toujours d'énormes fonds publics.

Qui veut vivre entouré de bâtiments en béton? Qui veut, pendant des décennies, lever les yeux vers des bâtiments sans âme? Après quelques années et habitués à utiliser ces piscines, que restera-t-il d'attrayants et de réjouissants pour les milliers de Granbyens qui passeront régulièrement devant cet édifice? Et pour les milliers de visiteurs et de jeunes compétiteurs qui séjourneront dans la ville, quelle image de Granby se gravera pour toujours dans leur esprit?

Pour une population de 100 000 habitants, un complexe aquatique bâti au coût de 30 millions de dollars est certainement comparable au Taj Mahal. Alors qu'on met temps et argent pour emballer un cadeau, pourquoi ce complexe d'une telle ampleur ne serait-il pas présenté dans un emballage architectural dont les gens du peuple seraient fiers non seulement le jour de l'ouverture, mais durant des décennies?

Ce centre aquatique sera évidemment le temple d'activités aquatiques, de rassemblements festifs et de compétitions fort courues. L'importance accordée à l'esthétique telle qu'on la retrouvait abondamment dans les bâtiments des anciennes civilisations se serait-elle perdue dans une vision utilitaire extrêmement réduite, plate et ridicule? Ne peut-on pas allier l'utile et la beauté? Serions-nous si pauvres culturellement?

Nous consacrons des heures et des heures à observer des lieux rendus magnifiques par la beauté des architectures, par la magnificence des jardins de fleurs, par la splendeur des peintures et des sculptures, par la vue époustouflante de certains paysages, par les parcs et leurs fontaines. En revenant de voyages, on entend souvent l'expression: «quelle ville magnifique nous avons visitée!». Pourquoi Granby se laisserait-elle inonder par la laideur plutôt que par la beauté de ses futurs bâtiments? Quel héritage voudra-t-elle laisser aux prochaines générations? Dans quel environnement voulons-nous vivre pendant des décennies?

 

André Beauregard

Shefford

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