50 nuances d'abus

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La Voix de l'Est

La sortie du film 50 nuances de Grey, prévue pour la Saint-Valentin, est un événement très attendu de plusieurs. Le concept a été bien pensé! Sortir ce film pour la Saint-Valentin, et quoi encore?! Le roman a été un best-seller, lu par des millions de femmes et quelques hommes, qui y ont vu une histoire romanesque sur fond de sadomasochisme. Pourtant, cette histoire d'une jeune fille vierge de 21 ans qui tombe sous l'emprise d'un beau milliardaire au passé trouble, Christian Grey, qui va l'initier au sadomasochisme, dépeint plutôt l'histoire d'une jeune fille innocente et insécure qui, pour se faire aimer, accepte toutes les demandes de son maître. Son plaisir à lui consiste à l'humilier, la violenter, l'abuser, la contrôler, la dénigrer et l'isoler.

Ce film, tout comme les romans qui l'ont inspiré, est avant tout l'histoire de milliers de femmes, toutes bien réelles, qui vivent avec un partenaire abusif et contrôlant, qui ont une emprise totale sur elles. Beaucoup diront que dans le livre, Anastasia est consentante... Peut-on réellement dire que c'est consentant alors qu'elle accepte ces abus afin d'être aimée de lui? Des filles comme elle, on en connaît tous. Des filles qui tombent amoureuses d'un membre de gang de rue et qui, par amour pour lui, et sous son contrôle, acceptent de devenir danseuses ou prostituées... Des filles qui acceptent des pratiques sexuelles telles que la sodomie de peur de perdre leur amoureux si elles refusent... Des filles qui acceptent les perversions de leur partenaire pour lui plaire. Des hommes manipulateurs, déviants, abuseurs, il y en a des tonnes, et ceux-ci n'ont aucune difficulté à trouver des jeunes victimes innocentes en quête d'amour.

La sortie de ce film à la Saint-Valentin, supposé être la fête de l'amour, le beau, le vrai, est un excellent coup de marketing. Hollywood encaissera le chèque. Et nos jeunes, quant à eux, se feront une idée romantique du sadomasochisme. Ils comprendront que de contrôler la vie complète d'une femme, jusque dans sa sexualité, pour assouvir les perversions de son homme, est beau, normal et enviable. C'est un leurre de faire croire que le sadomasochisme peut être romantique. Cette histoire nous dépeint une relation définie par la domination, le sex «hard» et abusif et non par l'amour. Elle nous présente une relation où ce prétendu amour est synonyme de plaisir dysfonctionnel au lieu de l'intimité, la confiance, le bien-être et l'égalité des deux partenaires. Et surtout, la femme y est «objectifiée», soumise et dénaturée, devenant un jouet.

Un mouvement a débuté aux États-Unis, demandant à la population de boycotter le film, et de remettre l'argent non dépensé pour le film à un organisme venant en aide aux femmes victimes de violence et d'abus. Car c'est là en effet que se retrouvent bien souvent des jeunes filles comme Anastasia. À Granby, des organismes comme Le CALACS, Entre-Elles, la Maison Alice Desmarais se feront un plaisir d'accepter vos dons, car avec les coupures de nos gouvernements dans les organismes communautaires, ils peinent à suffire à la demande.

Boycottez ce film. La violence envers les femmes, on n'en veut plus.

Carolyne Gagné

Granby

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