Traditions religieuses

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La Voix de l'Est

La lettre de Mme Pierrette Lussier parue le 12 janvier mérite qu'on s'y intéresse. Elle porte sur la possible perte de certaines traditions et en particulier les traditions culturelles liées à la vie chrétienne. À partir de cette courte lettre, plusieurs questions viennent à l'esprit.

D'abord, Mme Lussier affirme que les chants religieux ont été bannis. Ont-ils vraiment été bannis? Il est vrai que les stations radiophoniques font peu entendre les mélodies qui font référence à la mythologie religieuse mais, cette réalité n'est-elle pas tout simplement dépendante de l'absence d'intérêt de la très grande majorité des auditeurs pour ce genre de musique? Les stations répondent à la demande et à l'intérêt des auditeurs. À ce questionnement, on pourrait aussi demander combien de disques de Noël avec des chants religieux traditionnels ont été achetés en toute liberté en 2014?

Nous posons d'autres questions rattachées à ces mêmes traditions. Par exemples: Combien de commerces ont placé des crèches dans leurs vitrines ou les ont étalées sur leurs tablettes? Combien de crèches ont été achetées en 2014? Combien de familles québécoises ont placé une crèche sous le sapin de Noël? Nous avons l'intuition que cette forme de décoration traditionnelle est passablement disparue. En parlant de tradition: combien de pères de familles ont donné la bénédiction du Jour de l'An comme le faisaient traditionnellement nos parents et nos grands-parents?

Mme Lussier se demande si nous avons peur des personnes qui imposent la neutralité partout au Québec. Il faut évidemment jeter un coup d'oeil sur l'évolution tardive et lente du Québec à partir de 1960. En effet, en même temps que les instances gouvernementales du Québec prenaient leurs distances du monde religieux, une vague de fond déferla sur l'ensemble du Québec, une vague d'éloignement et de désintérêt face aux activités paroissiales. Bien sûr qu'après 400 ans de vies plongées totalement et automatiquement dans l'eau bénite, certains comportements demeurent encore présents dans le paysage québécois, pas nécessairement en terme de véritables traditions ou de croyances mais plutôt en terme de folklore.

Aux questions: «avons-nous reçu des menaces?» et «pourquoi s'incliner et bafouer nos traditions populaires?» il faudrait certainement répondre que personne n'a été menacé et que personne n'a bafoué nos traditions populaires. Par contre, nos traditions religieuses ne sont pas aussi populaires qu'on voudrait le croire. Demandons-nous combien de croyants et de croyantes assistent aux célébrations de la messe dominicale? Combien assistent à la messe de Noël ou à la messe de Pâques? Combien de familles font baptiser leurs enfants? Combien demandent un mariage traditionnel ou des funérailles traditionnelles à l'église?

Au souhait ardemment exprimé par Mme Lussier «n'attendons pas qu'il soit trop tard pour montrer notre foi (probablement chrétienne)», que faut-il répondre? La réalité vécue au quotidien démontre que la société québécoise a massivement décroché des croyances et des diktats émis par l'Église catholique. La société québécoise est une société fortement sécularisée et il serait très étonnant qu'elle revienne à l'époque de la domination sociale, morale et dogmatique de l'Église.

André Beauregard

Shefford

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