La démocratie dénaturée

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La Voix de l'Est

Si la démocratie est «le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple» (selon la célèbre définition d'Abraham Lincoln, 16e président des États-Unis, de1860 à1865), être majoritaire à l'Assemblée nationale ne donne pas tous les droits, encore moins avec un pourcentage de 41% des voix des électeurs, et surtout si l'on n'a pas annoncé ses couleurs lors des élections. La légalité ne confère pas automatiquement la légitimité. Il ne s'agit pas de légiférer par sondage, mais la démocratie ne repose pas seulement sur une majorité de députés élus. Elle exige un plus large consensus. Les députés de l'opposition sont aussi des élus. Et il faut tenir compte de ce qu'on appelle les contre-pouvoirs, les consultations et les manifestations de groupes.

Le programme politique compte évidemment, mais le gouvernement doit aussi faire des compromis, procéder par étapes, prendre le temps nécessaire pour obtenir un large consensus dans la population. La même stratégie du petit pas est demandée pour le respect de la paix sociale. Rien ne se fait, sans doute, sans bousculer, sans déranger, mais il y a des limites, ou mieux, il y a une manière de faire respectueuse et civilisée et une autre qui ne l'est pas. Michel Venne, directeur de l'Institut du Nouveau Monde (INM), développe la même idée en parlant de l'art de gouverner: «Gouverner aujourd'hui ne peut plus se faire d'en haut. L'État est en dialogue permanent avec la société. L'habileté à animer ce dialogue, à mobiliser les forces vives de la société et à forger des consensus est sans doute la qualité la plus recherchée des leaders contemporains» (Le Devoir, 11-12 août 2012). La légitimité que confèrent les urnes, conclut Venne, doit constamment être renforcée par d'autres mécanismes de consultation, de justification et de validation entre les élections.

 Par ailleurs, pour améliorer le fonctionnement officiel, faire coïncider davantage la légitimité avec la légalité, vivement s'impose l'adoption d'un mode de scrutin partiellement proportionnel. On en parle depuis 40 ans. Qui aura l'honnêteté, le désintéressement et le courage de le faire? Pas nécessaire d'attendre la modalité idéale: proportionnalité par région, sexe, âge, langue, rapport autochtone - immigrant de souche (façon subtile de retarder toujours l'affaire), pour adopter rapidement l'essentiel d'une formule progressiste, améliorable avec l'expérience.

Guy Durand

Dunham

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