Le règne de la violence (2e partie)

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La Voix de l'Est

Faut-il vraiment avoir une «illumination divine» pour comprendre que, depuis trente ans, les budgets tant à Ottawa qu'à Québec camouflent une multitude d'allègements fiscaux? Depuis trente ans, la remise totalement injustifiée de plusieurs milliards de dollars dans les poches des contribuables et des entreprises a creusé le déficit apparemment structurel et catastrophique. Comme le rappelait le mouvement des Indignés, 90 % des montants non perçus sont restés dans les poches de 10 % des contribuables, c'est-à-dire de ceux et celles dont les revenus sont les plus importants. Cette manière de faire permet aux partis de la droite d'enrichir les plus fortunés et d'appauvrir la classe moyenne et de faire vivre dans la misère noire un nombre de plus en plus grand de citoyens moins favorisés. Allez voir l'augmentation du nombre de familles qui, durant la période de Noël, auront besoin de nourriture non pas pour vivre, mais pour survivre dans ce beau et grand pays. Non seulement les électeurs s'en fichent éperdument, mais leur indifférence légendaire appuie ce carnage et ce massacre. La plupart des médias écrits et télévisés se joignent allègrement à cette joyeuse curée.

Le déficit budgétaire a été creusé d'année en année pour des objectifs strictement idéologiques et, un bon jour, les mêmes fraudeurs se sont mis à épouvanter la population. Ils font semblant de découvrir le trou dans l'embarcation, le trou qu'ils ont eux-mêmes créé sournoisement. Et vous savez quoi? Ils se proposent comme réparateurs et en plus, ils proposent une solution extraordinaire: un PRÉTEXTE pour ENFIN détruire l'État et détruire la solidarité sociale, les seuls obstacles à la dictature absolue du marché. Or évidemment, ces politiques de droite non seulement ne réparent rien, mais agrandissent le trou. Pendant que le budget semble s'équilibrer, des catastrophes sociales se multiplient, obligeant le gouvernement à dépenser davantage. Les pertes en éducation, en santé, en culture et en solidarité communautaire augmentent de manière effarante et causent des dommages irréparables à toute l'économie. Voilà l'héritage que nous allons léguer aux prochaines générations. Elles auront à souffrir de la perte des institutions qui ont permis au Québec, depuis 50 ans, de devenir la 18e économie mondiale. Nous allons leur léguer un État détruit, un pays dévasté et une population malade et ignorante aux mains des vampires financiers.

Le pape François dans un texte intitulé La joie de l'Évangile écrit ceci: «Alors que les gains d'un petit nombre s'accroissent exponentiellement, ceux de la majorité se situent d'une façon toujours plus éloignée du bien-être de cette heureuse minorité. Ce déséquilibre procède d'idéologies qui défendent l'autonomie absolue des marchés et la spéculation financière. Par conséquent, ils nient le droit de contrôle des États chargés de veiller à la préservation du bien commun. Une nouvelle tyrannie invisible s'instaure, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses règles, de façon unilatérale et implacable. De plus, la dette et ses intérêts éloignent les pays des possibilités praticables par leur économie et les citoyens de leur pouvoir d'achat réel. S'ajoutent à tout cela une corruption ramifiée et une évasion fiscale égoïste qui ont atteint des dimensions mondiales. L'appétit du pouvoir et de l'avoir ne connaît pas de limites. Dans ce système, qui tend à tout accaparer dans le but d'accroître les bénéfices, tout ce qui est fragile, comme l'environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé, transformés en règle absolue.»

André Beauregard

Shefford

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