Politique et religion

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La Voix de l'Est

Une amie m'a laissé perplexe en me lançant une petite phrase lapidaire qui disait à peu près ceci: «S'il n'y avait pas de politique et de religion, tout irait mieux. Tu es d'accord?» La question était directe. À la suite du brouhaha politique actuel et à l'approche de Noël, il semble qu'il soit à propos d'y répondre.

Je suis certes d'accord que la diversité des partis politiques et des religions produit trop souvent des bisbilles, des conflits, des abus d'autorité et des choses pas très belles, abominables même. Mais ma bonne amie serait-elle d'accord pour prolonger un peu sa réflexion pour reconnaître que la politique et la religion ont à leur crédit des réalisations remarquables, chez nous et ailleurs? Elles n'ont pas fait que des mauvais coups. D'ailleurs, mon amie est-elle sûre que ça irait mieux sans gouvernance politique et sans organismes religieux?

Ce qui fait problème, c'est l'utilisation plus ou moins tordue que nous faisons de ces deux réalités. Je prétends que sans l'encadrement civil et le programme de vie offert par les religions, notre société serait handicapée, boiteuse. Elle serait comme un navire sans pilote errant dans une mer houleuse.

Dommage, cette mésestime actuelle pour tout ce qui est politique et religieux! Le mépris devrait être porté vers des individus fourbes, véreux, profiteurs, agresseurs, non vers l'ensemble des politiciens et des adhérents aux religions. Si vous étiez une politicienne honnête et de bonne volonté, aimeriez-vous que l'on bafoue la politique, sans discernement? Si vous étiez une croyante sincère et généreuse, aimeriez-vous qu'à vos côtés, on ridiculise la religion à laquelle vous adhérez avec coeur et intelligence? Le respect a bien meilleur goût.

La politique nous a quand même donné des Jean Lesage, Daniel Johnson, René Lévesque, Jacques-Yvan Morin, Raymond Garneau, Marcel Masse, Louise Beaudoin et une myriade d'autres politiciens intègres et bons serviteurs du peuple. Et la religion nous a donné Louise Brissette au coeur aussi grand que le nombre de ses enfants adoptés, Jean Vanier fondateur de l'Arche, le poète Fernand Ouellette, le sociologue Fernand Dumont, l'humaniste Pierre Vadeboncoeur, l'abbé Raymond Gravel. Puis Alain Decaux de l'Académie française, le journaliste Jacques Duquesne, le penseur Jean-Claude Guillebaud, le romancier Eric-Emmanuel Schmitt, Maximilien Kolbé qui prit la place d'un père de famille au camp de la mort d'Auschwitz. Puis l'abbé Pierre, le Dalaï-lama, mère Teresa, etc. Ce ne sont pas des gens méprisables, ni des deux de pique. Ne reconnaît-on pas l'arbre à ses fruits?

 

Émile Roberge

Granby 

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