Le bonheur par l'austérité. Enfin!

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La Voix de l'Est

Où étions-nous le 7 avril 2014? Nos hérauts politiques se sont évertués à affirmer que la question constitutionnelle ne faisait plus partie des préoccupations québécoises. Quelle erreur! En effet, 95% des Québécois ont voté pour des politiques de destruction de l'économie québécoise telles que proposées par LA DROITE. Or, la seule distinction entre les partis était et demeure leur position constitutionnelle. Nos votes se sont partagés entre la droite souverainiste (PQ), la droite fédéraliste (PLQ) et la droite nationaliste (CAQ). Actuellement, l'Assemblée nationale est dirigée par 122 députés qui proposent tous une seule et même solution à l'assainissement des dépenses publiques: les COUPURES. Or, les coupures conduisent directement à l'austérité collective et individuelle, mais surtout, à l'instauration d'un climat de violence auquel, à 95%, nous avons massivement adhéré le 7 avril 2014. Serions-nous à la fois sadiques et masochistes?

Il y a deux sortes d'économie. L'une centrée sur le total des transactions financières et l'autre plus diffuse qui inclut les impacts financiers positifs et négatifs découlant des activités humaines. L'une axée sur le marché désincarné et l'autre orientée vers les services à la communauté. Mais, depuis la nuit des temps, pauvres et riches, nous sommes hypnotisés par une économie désincarnée au service de la concentration stérile de l'argent, une concentration qui se fait toujours au détriment de la paix, de la justice, de l'environnement, de la santé, de l'éducation et de la recherche scientifique. Et les élections démocratiques illustrent parfaitement cette option majoritaire et grégaire en faveur de la dictature du marché aux dépens de la vie, dictature implantée par Margaret Thatcher et répandue dans la plupart des pays du monde, y compris le Québec.

Les partis de droite s'appuient sur la cupidité et l'égoïsme des électeurs et des électrices (le fameux principe de l'utilisateur-payeur), mais surtout sur leur incapacité à bien calculer et à bien mesurer les impacts négatifs de ces pseudo- politiques sur toutes les facettes de leur vie individuelle et collective. On crie rarement par solidarité. Généralement, on crie parce que nous perdons quelque chose. La mobilisation est difficile parce que nous ne comprenons pas l'importance des enjeux ou parce que nous sommes totalement indifférents aux conséquences désastreuses qui détruisent de grands pans de notre société démocratique et égalitaire.

Évidemment, nous évitons de nous moquer des gens qui manifestent dans la rue; au contraire, ils ont toute notre admiration. Mais si 95% des électeurs ont appuyé les partis de droite qui leur promettaient de détruire leur vie et de détruire les structures d'un État moderne, serait-il incohérent d'affirmer que 95% des gens qui sont frappés par les coupures sauvages du gouvernement ont malheureusement voté pour ces partis? Peuvent-ils dire qu'ils ne comprenaient pas les discours électoraux ou n'avaient pas pris connaissance des plates-formes électorales? Et si un grand nombre de ces manifestants faisaient partie de ceux et celles qui n'ont pas voté ou qui ont régulièrement méprisé la politique ou qui ont régulièrement refusé de s'informer ou qui ont aveuglément voté pour le même parti ou le même candidat comme ils le font depuis des lustres?

Et si nous avions le gouvernement que nous méritons et que nous avons bêtement choisi? Un gouvernement qui nous a fait miroiter l'accès au bonheur pour tous par la route de l'austérité, une austérité que même le Fonds monétaire international a vertement critiquée? La perte d'un bien est souvent le seul chemin qui nous permet de comprendre la valeur réelle de ce bien. Les désastres causés par les politiques de la droite vont peut-être nous ouvrir les yeux et nous pousser à reprendre le combat pour une véritable justice sociale.

André Beauregard

Shefford

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