C'est «ben» niaiseux cette affaire-là!

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La Voix de l'Est

Jean-François Lisée à Tout le monde en parle, dimanche soir dernier, a répété qu'il aurait voté contre la Charte de la laïcité de Bernard Drainville si celle-ci n'avait pas été amendée substantiellement. Il a expliqué qu'il aurait trouvé inhumain de congédier une infirmière musulmane appréciée, avec 15 ans d'expérience, parce qu'elle aurait refusé de se plier à la Charte et d'enlever son voile. C'est la position que j'ai défendue en Commission parlementaire le 23 janvier dernier et qui est passée complètement sous le radar des médias, sauf un extrait cité hors contexte par Jean-René Dufort à son émission Infoman du 30 janvier dernier. En effet, je citais l'exclamation en titre pour illustrer ce que les étudiants du secondaire d'une enseignante appréciée diraient spontanément en apprenant au printemps qu'elle serait congédiée pour la prochaine année parce qu'elle refuse définitivement d'enlever son voile. En prétendant cela, je m'appuyais sur mon expérience d'enseignant et de directeur d'école.

Mais toujours devant la même Commission, comme le modèle de laïcité suggéré était, selon moi, décemment inapplicable sauf par l'utilisation d'entourloupettes comme de le réserver aux nouveaux employés (clause grand-père) ou à d'autres personnels exclusivement, j'ai en conséquence suggéré que l'on envisage un modèle de laïcité différent. En fait, un modèle qui ne se base plus, essentiellement, sur l'interdiction des signes religieux pour assurer soi-disant la séparation des religions du pouvoir politique. Car au Québec, plus aucun pouvoir religieux ne menace l'État. Donc pour moi, le modèle Drainville était et est toujours passéiste.

En conséquence, j'ai tenté de suggérer un modèle qui, plutôt qu'interdire bêtement, permet d'intervenir, plutôt qu'être négatif se veut positif, plutôt qu'être passif est actif. Je voudrais ici en donner les grandes lignes au bénéfice du public en général. Bien sûr, il est connu des parlementaires, en particulier, des porteurs du dossier de la laïcité pour chacun des partis. J'ai aussi par courriel informé certains acteurs ou actrices qui ont participé à ce débat, de même que certains chroniqueurs et chroniqueuses. Mais bientôt, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, déposera un nouveau projet de loi concernant la laïcité; ce débat reprendra, il serait souhaitable que démocratiquement, ma proposition puisse être connue et débattue. Permettez que j'en énonce les grandes lignes pour illustrer son mode d'opération sous forme d'ACTES DE LAÏCITÉ:

1) Déclarer à l'unanimité des députés, si possible, que les institutions publiques, y compris privées financées à plus de 50 % par l'État, sont laïques, c'est-à-dire que tous les signes religieux présents, y compris ceux portés par des personnes sont, par la présente déclaration, désactivés de leur fonction religieuse et représentent dans ces lieux exclusivement des valeurs patrimoniales québécoises. Lesquelles pourraient être: la Liberté, la Fidélité, et le Partage.

2) Déclarer qu'à chaque année, la journée du 7 avril (pourquoi pas?) sera une journée de laïcité active. En conséquence, le crucifix sera retiré de l'enceinte du Parlement et les personnels des institutions laïques seront invités par devoir de raison et de liberté, à ne pas porter, pour ce jour, de signes religieux au travail, y compris la population en général sur une base volontaire. Ce sera donc un jour de célébration de la laïcité.

Note: de ces deux grandes orientations pourraient découler un certain nombre de règles éventuellement à discuter et à préciser. Je donne un exemple: dans les lieux laïques, la prière n'est pas de mise, il faut y préférer, si un moment de recueillement est nécessaire, un moment de silence.

Ce modèle de laïcité exposé succinctement ici permettrait de poser au besoin et n'importe quand d'autres actes de laïcité pour bien marquer que devant sa propre religion ou face à la religion en général, quelle qu'elle soit, l'être humain est libre. Ainsi, selon ce modèle, pour s'opposer au terrorisme qui veut se cacher derrière la religion musulmane en la confisquant et en confisquant surtout ses symboles, des femmes musulmanes d'ici pourraient se regrouper et faire acte de laïcité en enlevant collectivement leur voile pour le travail, au privé comme au public, par exemple de telles dates à telles dates ou, encore, un certain jour du mois ou à un autre moment qu'elles pourraient juger plus approprié... ceci en invitant les musulmanes du monde entier à les suivre si telle chose était possible pour elles, en particulier, en Égypte, en Iran et en Arabie saoudite.

Voilà selon moi un modèle de laïcité qui ne serait pas agressif, mais plutôt progressiste et utile. Merci!

 

Denis Forcier

Shefford

 

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