Le PQ à la croisée des chemins

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La Voix de l'Est

Le Parti québécois aura bientôt 50 ans. René Lévesque l'a créé en 1968 dans le but de réaliser la souveraineté du Québec. À ce jour, cette entreprise fut un échec, l'action politique du PQ ayant plutôt conduit à un recul important du Québec dans la fédération canadienne, en fait, à un statut constitutionnalisé de province et siège de la plus importante minorité francophone au Canada. Le Parti libéral fédéraliste et Philippe Couillard s'accommodent aujourd'hui de ce statut et voudraient signer la Constitution qui fut imposée au Québec en 1982, et à ce jour, sans conditions connues. Une vraie honte nationale!

À la suite de cet échec historique, le Parti québécois a été finalement réduit en lambeaux le 7 avril dernier, tout comme l'a été le Bloc québécois en 2011. Du coup, pour beaucoup de souverainistes, c'est le rêve d'un pays qui s'est écroulé. Il s'est écroulé parce que ce Parti, vaisseau amiral de la souveraineté, n'avait pas de projet, pas d'échéancier, même pas une question claire, après 50 ans d'existence, advenant d'hypothétiques conditions gagnantes pour tenir un référendum à propos de l'indépendance du Québec. La raison d'être de ce parti, son article 1, s'était transformée pour des raisons électorales, encore une fois, manifestement en un triste trou de beigne.

 Heureusement, l'arrivée surprise de Pierre Karl Péladeau à ce moment-ci de l'histoire de ce Parti s'avère tout à fait providentielle. D'ailleurs, selon les derniers sondages, plus de 53% des souverainistes souhaitent qu'il prenne le gouvernail le plus rapidement possible. La question de ses actions dans Québécor est à ce moment-ci une question secondaire. Il les mettra, comme il l'a dit et répété, pour se conformer à la loi, dans une fiducie sans droit de regard, et cela en temps et lieu. L'essentiel n'est pas là du tout pour l'instant. Une question à Jean-François Lisée: accepteriez-vous qu'il décide de les vendre à un conglomérat canadien ou encore à l'empire des frères Desmarais? Je devine votre réponse, alors passons s.v.p. à autre chose de plus constructif et porteur pour l'avenir du Parti québécois.

L'année 2017 sera, en effet, une date charnière dans notre histoire québécoise et canadienne. Les célébrations qui entoureront la commémoration du 150e anniversaire du Pacte confédératif de 1867 , appelé le Grand pacte par Philippe Couillard, vont bientôt occuper l'espace médiatique et politique. Aussi, le Parti québécois a déjà demandé à Philippe Couillard à quelles conditions il serait prêt à signer cette Constitution et s'il les ferait approuver par le peuple en tenant un référendum. C'est bien, mais pour enfoncer ce clou politiquement important, le Parti québécois ne peut pas attendre 8 mois avant de se donner un chef. D'ailleurs, Lisée vient de précipiter les choses. Ce sera lui ou PKP et ça presse de régler cette question sinon, ce qui attend le PQ, c'est un pourrissement accéléré de sa crédibilité politique au profit de la CAQ.

En plus d'enfoncer ce clou, le Parti québécois et son nouveau chef devront afficher clairement leur position quant à la signature de la Constitution de 1982. Ce sera non à moins que les conditions exigées par Philippe Couillard et acceptées par le fédéral et les provinces soient les suivantes: 1) Que la nation québécoise soit reconnue dans la Constitution canadienne, assortie d'une déclaration d'identité explicite; 2) Que des pouvoirs souverains soient de ce fait reconnus au Québec pour protéger et développer son identité comme peuple français, fondateur du Canada, principalement, dans le domaine de la langue, de la culture et des communications; 3) Que les budgets afférents pour l'exercice de ces nouveaux pouvoirs soient constitutionnellement prévus.

Si rien n'arrive de tout cela, le Parti québécois doit aussi annoncer que dès sa prise du pouvoir, il tiendra un référendum dans les meilleurs délais afin que le peuple se prononce sur son avenir et que la question sera la suivante: «Voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant?»

Denis Forcier

Shefford

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