L'excuse classique, mais toujours d'actualité

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Voix de l'Est

C'est la faute aux fonctionnaires. Encore une fois si tout fonctionne tout croche au Québec, c'est la faute aux fonctionnaires. Pour David Heurtel, ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, s'il y a forage à Cacouna, c'est la faute aux fonctionnaires. Pour Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux, si le réseau n'est pas performant, c'est la faute aux fonctionnaires. Pour Yves Bolduc, ministre de l'Éducation, si les commissions scolaires coupent l'aide aux devoirs et les berlingots de lait, c'est la faute aux fonctionnaires. Si l'été est trop chaud ou trop frais au Québec, c'est la faute aux fonctionnaires. Si le Canadien de Montréal ne gagne pas la Coupe Stanley au printemps 2015, ça sera la faute aux fonctionnaires.

Si ce n'est pas la faute aux fonctionnaires, c'est alors la faute aux gestionnaires, aux administrateurs, aux professeurs, aux étudiants, aux parents, auxsyndiqués, aux assistés sociaux, mères monoparentales de préférence, aux «p'tits vieux» qui encombrent l'urgence des hôpitaux, au gouvernement précédent, péquiste de préférence, à Youppi, Badaboum ou JoJo Savard. Les Couillard, Heurtel, Barrette et tous les autres ministres du gouvernement libéral trônant à l'Assemblée nationale sur la Grande-Allée à Québec n'ont que cette phrase à la bouche pour cacher leurs propres inepties: c'est la faute aux fonctionnaires.

Un peu plus, l'épidémie d'Ebola en Afrique, le conflit israélo-palestinien, la guerre civile en Ukraine, les bouchons sur le pont Champlain et la Guerre des tuques auraient été fomentés par des fonctionnaires québécois, rien de moins.

Les Couillard, Heurtel, Barrette, tous les autres ministres et députés du gouvernement libéral nous l'ont dit en avril dernier: il voulaient s'occuper des vraies affaires. Mais les méchants fonctionnaires sabotent toutes leurs actions. Ces brillants ministres jouent à l'intimidation populaire. Les dysfonctionnements de l'État ou de la société sont la responsabilité de la fonction publique. Ce n'est pas moi, c'est l'autre: c'est l'excuse classique de l'enfant pris en flagrant délit de faire un mauvais coup.

Le bon docteur Couillard, celui qui se prétend premier ministre du Québec, peut bien vouloir éliminer l'intimidation à l'école, au travail et dans la rue, mais il devrait ajouter un volet: éliminer l'intimidation politicienne envers la population. Lui et ses brillants collègues devraient consulter un dictionnaire au mot IMPUTABLE, à la condition que le ministre Bolduc n'aille pas couper dans le budget pour l'achat de livres à la Bibliothèque du Parlement. Il y a aussi un autre mot qu'ils pourraient consulter: LOYAUTÉ. La loyauté, ça ne s'impose pas ou ne se décrète pas, ça se gagne ou se mérite.

Comme le souligne un lecteur du quotidien Le Devoir, la députation libérale pourrait se poser la question suivante: «Si Philippe Couillard avait eu le courage d'annoncer son funeste programme politique, aurait-il été élu?»

Ce n'est pas parce qu'un gouvernement est majoritaire qu'il peut se permettre de faire n'importe quoi, n'importe comment. Comme le soulignait Michel Rocard, politicien français: «La politique est dégueulasse, parce que les hommes qui la font la rendent dégueulasse.» La simple consolation est de nous dire que c'est une loi universelle. Einstein a déjà affirmé que la population avait le gouvernement qu'elle méritait. La population a fait son choix.

Louis Hémon dans son célèbre roman, n'a-t-il pas écrit en 1913 que les Québécois étaient un peuple né pour un petit pain? Alors, endurons ce mal jusqu'en 2018. En espérant que ce gouvernement n'étire pas la sauce jusqu'en 2019 comme la loi électorale le permet.

Bernard Fournelle

Granby

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer