Lettre à mon ministre

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La Voix de l'Est

Monsieur Bolduc,

Je pourrais fermer les yeux et laisser aux autres le soin de se dépêtrer avec les coupures puisque je m'apprête à quitter pour la retraite. Toutefois, je ne peux m'empêcher de réagir aux faussetés que vous véhiculez. À vous entendre, tout semble si simple! Il importe de préciser et de vous rappeler que la lourdeur administrative présente et dénoncée dans les commissions scolaires a été en grande partie créée par le ministère lui-même. Il est plutôt odieux maintenant de leur faire porter à elles seules cette responsabilité. Ce n'est pas non plus en y allant de coupures drastiques et aléatoires que les problèmes se régleront d'emblée.

Vous faites preuve de malhonnêteté intellectuelle lorsque vous maintenez que les commissions scolaires ne doivent pas couper directement dans les services aux élèves. Comment peuvent-elles faire autrement? Les coûts administratifs des commissions scolaires sont parmi les plus bas de l'appareil public, et vous le savez. Bien évidemment, pouvoir et populisme font la paire; il est donc facile de casser du sucre sur leur dos. Ils sont nombreux à prétendre qu'on pourrait abolir cette structure. Toutefois, on oublie qu'il faudrait la remplacer par une autre qui serait, à son tour, imparfaite.

J'étais de ceux qui, depuis longtemps, dénonçaient les enveloppes dédiées. J'étais heureux de lire cet été que vous envisagiez davantage de souplesse quant aux orientations budgétaires, et ce, afin de laisser les marges de manoeuvre permettant aux milieux de répondre plus adéquatement à leurs priorités. Cependant, après coup, je constate que ce n'était simplement qu'une tactique politique vous permettant de vous déresponsabiliser à l'égard des décisions prises par les dirigeants.

Les problèmes sont réels en éducation et les solutions ne reposent sûrement pas sur un désengagement financier de l'État. On ne doit jamais perdre de vue que l'argent qui est consacré à cette sphère doit être vu comme un investissement et non seulement comme une dépense pour notre société. La diplomation d'un plus grand nombre de jeunes qui terminent un secondaire cinq doit demeurer une priorité, mais pour ce faire, on se doit parallèlement de fournir aux enseignants les moyens nécessaires pour qu'ils puissent atteindre cet objectif. L'intervention précoce est une avenue particulièrement porteuse. La prévention doit demeurer un fer de lance. Elle est malheureusement la première victime en contexte de restrictions budgétaires. Il ne suffit plus de marteler qu'il faut faire plus avec moins. Cette rengaine est usée et pleine de trous!

L'affront de la Comission scolaire de Montréal en ce qui a trait au non-respect des contraintes budgétaires imposées par Québec risque de donner le ton!

Les raccourcis sont alléchants, mais il va de soi que ceux que vous avez choisis ne mènent nulle part. Mis à part votre volonté de diminuer les coûts, quelles sont vos réelles priorités pour l'éducation des jeunes du Québec? Avez-vous véritablement un plan de match, M. Bolduc?

Daniel Leblanc,

Directeur d'une école primaire à la veille de la retraite

Rougemont

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