Après la Mongolie et la Colombie...

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La Voix de l'Est

C'est la manchette, entre autres, de La Presse, de Radio-Canada et du Huffington Post: le Canada se retrouve au 55e rang mondial du libre accès à l'information derrière la Mongolie et la Colombie selon une évaluation produite en septembre 2012 et qui analysait l'accès à l'information dans 93 pays. Faut-il s'en surprendre?

Le gouvernement conservateur de Monsieur Harper ne convainc personne en décriant et contestant cette évaluation. À les écouter, il se décernerait un «cinq étoiles» en matière d'ouverture et d'accès à l'information.

Tous les gouvernements conservateurs depuis qu'ils sont au pouvoir n'ont de cesse à malmener le processus démocratique. Lorsqu'ils ne mettent pas le Parlement en lock-out, ils espionnent certains médias qui oseraient ne pas penser comme eux. Ils contrôlent le droit de parole de leurs représentants pour s'assurer que ceux-ci diffusent la bonne parole, celle qui prend son origine au bureau du premier ministre. Lorsqu'on est du Parti conservateur, on ne dit pas ce que l'on veut, où l'on veut et quand l'on veut. Les commentateurs politiques sur la scène fédérale l'ont déploré à plusieurs occasions. Le contrôle est absolu, c'est l'adaptation moderne de la pensée du Christ qui disait en son temps à ses disciples: «Je suis la voix, la vérité, la vie».

En dehors de ce décret, point de salut: notre ineffable premier ministre s'inscrit plus dans la citation de Louis XIV, celui qui se prenait pour le Roi-Soleil et qui disait «L'État, c'est moi».

Dans le Canada de Monsieur Harper, il est indispensable de penser comme lui, sinon votre survie est en danger: certaines associations et organisations en ont payé le prix.

Alors que le Président du Conseil du Trésor à Ottawa, monsieur Tony Clement, déchire sa chemise face au classement diffusé par le Centre pour la loi et la démocratie dont les bureaux sont à Halifax en coopération avec Accès Info Europe installé à Madrid, c'est du grand burlesque. Le Canada a végété entre le 40e rang et le 51e rang dans la dernière année. La 55e position, ce n'est que quatre rangs plus bas. Mais c'est de plus en plus loin de la transparence.

Par contre, la commissaire à l'accès à l'information du Canada, Madame Suzanne Legault a déclaré que l'évaluation effectuée par ce groupe sera utile dans ses travaux sur les problèmes liés à l'accès à l'information qu'elle dénonce assez régulièrement. Une demande qui prenait 30 jours pour que le demandeur obtienne l'information se traduit maintenant par un délai de 150 jours. Parce que cette demande doit maintenant passer par le contrôle du bureau du premier ministre.

La divulgation de ce classement, peu à l'honneur du gouvernement conservateur, s'ajoute aux nombreuses plaintes de Canadiens qui associent la publicité du gouvernement conservateur à de la propagande. Ces Canadiens en ont assez de tous ces messages qui ont comme objectifs de vanter les actions du gouvernement conservateur. C'est le mélange des genres.

Rappelons-nous que l'information est l'une des clefs maîtresses de la démocratie. Pour exercer un choix éclairé, il faut être informé. Rappelons-nous que la propagande n'a pas comme objectif de nous informer, mais d'amener le simple citoyen à obéir. La propagande, c'est de la désinformation conduisant à l'ignorance et à la manipulation. Rappelons-nous que l'information est le fondement de toute action citoyenne et sociale.

Maquiller, trafiquer ou contrôler l'information est un signe de faiblesse: c'est la première atteinte à la liberté d'expression. Se pourrait-il que la démocratie soit une entrave à la gouvernance conservatrice? Rappelons-nous qu'une information malade signifie une démocratie en danger. Nous vous laissons deviner la suite des choses.

Bernard Fournelle

Granby

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