Une laïcité chrétienne...

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La Voix de l'Est

Voilà l'objectif bien réel que recherche Denis Forcier en voulant à tout prix - et de façon aussi saugrenue - transformer la grossière erreur des députés de l'Assemblée nationale en un réel subterfuge pour ramener le Québec dans le giron du catholicisme «en mettant ce crucifix au coeur du modèle québécois de la laïcité» (La Voix de l'Est du 8 février). Ici, on ne parle plus de laïcité, mais de réactivation de l'influence confessionnelle chrétienne au sein de l'administration publique. Au fond, reconnaissez-le honnêtement, M. Forcier, vous êtes très heureux de la décision prise par les députés le 22 mai 2008 et vous cherchez par tous les moyens possibles à la défendre.

Avec des raisonnements et des arguments où se multiplient les culbutes et les acrobaties, vous essayez, M. Forcier, de nous convaincre que la désactivation arbitraire et artificielle du crucifix et des autres signes religieux pourrait favoriser l'intégration non pas à un concept de laïcité, mais à un retour sournois de la confessionnalité, projet nullement inclusif. Comme par magie, l'Assemblée nationale pourrait désactiver le caractère religieux du crucifix et de tous les autres symboles religieux. Comme par magie, tous les non-catholiques trouveraient acceptable de voir trôner le crucifix, symbole chrétien universellement reconnu comme tel depuis des siècles.

En fait, M. Forcier, vous combattez de toutes vos forces, par un discours extrêmement ambigu et alambiqué, l'implantation d'une véritable laïcité respectueuse du caractère séculier et pluraliste de la société québécoise. Cette société ne reviendra pas en arrière. Personne n'a un goût nostalgique de revenir dans un Québec dominé et géré par les dictats de l'Église catholique. Le retour ou le maintien injustifié du crucifix dans les institutions publiques, quels que soient les pseudo-arguments évoqués, irait radicalement à l'encontre des principes de la laïcité tels qu'expliqués dans la lettre de M. Perreault du jeudi 7 février. Vous devriez la relire et chercher à comprendre.

Vous devez faire un deuil, M. Forcier. En 2013, être chrétien n'est plus un élément de l'identité québécoise. Le Québec est un État laïc et son gouvernement vit déjà cette séparation de l'Église et de l'État. Sa neutralité au plan religieux reconnaît les aspects pluralistes et séculiers de la société et doit absolument être respectée sans équivoque partout dans les institutions publiques, y compris dans les hôtels de ville.  

Vos lettres illustrent seulement votre opposition viscérale à une charte d'une véritable laïcité. Il est temps, M. Forcier, de faire preuve de courage, et d'honnêteté: décrochez du passé et regardez vers l'avenir, un avenir où les affaires publiques seront gérées sans référence directe ou camouflée aux symboles et aux normes du monde religieux. Ne cherchez pas par des chemins détournés à faire renaître un Québec catholique. Nous n'allons pas et nous n'irons pas vers un projet confessionnel ou multiconfessionnel en complète contradiction avec le concept d'une véritable laïcité.

André Beauregard

Shefford

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